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Revue de presse française

A la Une: les débats sur le budget 2017 en France

Audio 06:28
AFP

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Des débats qualifiés de « vifs » par Le Monde en première page. Et pour cause, commente le quotidien du soir, « il en est toujours ainsi. Le dernier projet de loi de finances d’une mandature a quelque chose d’irréel et de mensonger. Irréel, parce que chacun sait que le prochain gouvernement, même si la gauche est reconduite, remaniera le budget 2017 à l’issue des élections présidentielle et législatives du printemps. Mensonger, parce que le gouvernement retombe dans les petites manipulations dont on croyait qu’elles étaient du passé. »

« Ainsi, précise Le Monde, les prévisions de croissance, puissant levier pour enjoliver ses performances, tendent, selon Didier Migaud, président du Haut Conseil des finances publiques, " à s’écarter du principe de prudence ". Côté dépenses, les économies prévues sur l’assurance-chômage sont jugées " irréalistes ", tandis qu’il existe une " accélération de la masse salariale " de l’Etat. Enfin, relève encore le quotidien du soir, côté créativité, des baisses d’impôts ont été remplacées par des crédits d’impôts, ce qui permet de reporter le manque à gagner sur l’année 2018. Conclusion logique de Didier Migaud : ces choix rendent " improbable " le retour des déficits à 2,7 % du PIB en 2017 et fragilisent la trajectoire des finances publiques à compter de 2018. »

Des critiques reprises et amplifiées par Le Figaro… « Autant le dire tout de suite, il faut prendre le projet de loi de finances 2017 pour ce qu’il est : un brouillon comptable déjà nul et non avenu, avant même d’être voté, s’exclame le quotidien d’opposition. Si la droite remporte l’élection présidentielle, comme cela paraît probable, il sera jeté aux orties dès l’été prochain. À en croire les programmes des candidats à la primaire, quel que soit l’heureux élu, un nouveau texte mêlant - enfin ! - baisses d’impôts et économies massives sera immédiatement soumis au Parlement. Mais si, par miracle, la gauche conserve la majorité, ce budget électoraliste, donc intenable, devra aussi être revu de fond en comble. Car, hormis l’inénarrable Michel Sapin, personne ne croit une minute à sa sincérité. »

Improbable synthèse

Les Echos qualifient ce budget 2017 de « typiquement hollandais », un budget, poursuit le quotidien économique, « qui tente une improbable synthèse (c’est l’adjectif du moment), entre signaux sympathiques mais timides envoyés aux contribuables, relance bien réelle de la dépense publique et maintien peu crédible des objectifs de réduction du déficit. François Hollande a voulu tout faire tenir dans sa copie budgétaire, pointent encore Les Echos, multipliant les signaux électoraux, sans avoir les moyens de ses ambitions. Cela donne une fois de plus le sentiment, pour paraphraser un ancien ministre de l’Economie visant désormais l’Elysée, que les choses sont faites " à moitié ". Sauf les tours de passe-passe budgétaires, indéniablement plus nombreux qu’à l’accoutumée pour une fin de mandature. Même si la situation est bien moins grave qu’à l'été 2012, le premier budget du prochain président ne sera pas une sinécure. Car la France n’aura plus droit à l’erreur. »

Alors à quoi faut-il s’attendre l’année prochaine ? Ouest France pense avoir la réponse, avec comme hypothèse certaine la gauche battue à la présidentielle : « Quel que soit le vainqueur de la droite, il y aurait une suppression ou une refonte de l’ISF, une baisse plus ou moins importante de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés, une hausse plus ou moins importante de la TVA. Dans tous les cas, la volonté est de faire descendre les prélèvements par l’ascenseur et la dépense publique par l’escalier. En clair, d’accroître le déficit, au moins pendant un temps. Mais, prévient Ouest France, tenir cette ligne présente deux gros dangers. Emprunter toujours plus nous expose à une hausse du loyer de l’argent. Les banques, y compris allemandes, sont dans un tel état de tension, en partie à cause des taux bas, qu’il vaut mieux l’anticiper. Et choisir une voie divergente en Europe risque d’accélérer la dislocation politique de l’Union. On est allé si loin dans l’asphyxie fiscale qu’à vouloir en sortir on se cogne la tête contre les murs. »

Faucon et colombe

A la Une également, la disparition de Shimon Peres… « Guerres et paix », titre Libération. En effet, précise le journal, « l’ancien président israélien, mort mercredi à 93 ans, était une figure incontournable de la politique israélienne. Prix Nobel de la paix en 1994, il restera aussi celui qui a bâti l’arsenal militaire du pays. »

Commentaire de Libération : « Cet homme qui ne dormait jamais portait en lui un rêve. Comme Rabin qui ne lésinait pas non plus sur la fermeté répressive, il avait compris que le salut de l’Etat juif résidait dans un compromis honorable avec les Palestiniens, et non dans une guerre de cent ans dont Israël a déjà vécu la moitié et ne voit toujours pas la fin. Les négociations d’Oslo qu’il a encouragées resteront son précieux héritage, même si cet accord incomplet est sans cesse remis en question. Deux Etats viables aux frontières reconnues, réunis par une coopération régionale réaliste : tel est son message, pointe Libération, par-delà la vie et la mort. On affecte aujourd’hui de s’en défier pour agiter les chimères d’une 'solution à un Etat', qui consacrerait la victoire totale d’un peuple et la perte de l’autre. Et comme aucun ne l’acceptera, la guerre, la guerre toujours recommencée. Pérès l’opportuniste a toujours suivi la même ligne, celle de l’accord entre ennemis. La seule qui vaille, malgré les drames et les larmes. »

« Ce grand patriote avait dépassé les clivages pour atteindre la dimension historique, renchérit Sud-Ouest. Faucon quand il fallait défendre un Israël faible, colombe quand il fallut tempérer un Israël devenu fort, capable, lui le travailliste, de gouverner avec la droite, il avait compris que le salut de son pays passerait par un compromis historique. Converti par l’accord pionnier avec l’Égypte en 1978, artisan d’Oslo, avocat infatigable de la cause des deux États, Peres s’en est allé sans réussir à conduire son peuple au bout du chemin. Il avait placé haut la barre et il est à craindre que son héritage soit difficile à reprendre dans le climat actuel de tensions. Mais, comme il le disait lui-même, il n’y a pas d'alternative, sauf un futur chaos. »

En effet, pour L’Eclair des Pyrénées, « il faut désormais souhaiter que le bon sens l’emporte enfin et que l’on avance vers la seule solution, à savoir la création d’un État palestinien à côté d’Israël. Faute d’une avancée dans ce sens, le Proche-Orient demeurera une poudrière susceptible d’enflammer non seulement la région mais peut-être la planète entière. »

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