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Revue de presse française

A la Une: Gabon, les observateurs européens sur écoute

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AFP

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Le Journal du Dimanche publie des extraits d’une vingtaine d’enregistrements téléphoniques « clandestins » opérés par les « services secrets d’Ali Bongo », énonce-t-il, sur des membres de la délégation d’observateurs dépêchés par l’Union européenne lors de la dernière élection présidentielle.

Après le scrutin, selon cet hebdomadaire, l’un des responsables de la sécurité de cette délégation, un certain Jean-Jacques, discute avec un interlocuteur à Port Gentil. Extraits : « Ils sont en train de chercher comment tricher et que ça ne se voie pas trop. […] Des urnes sont en cours d’acheminement à Libreville et vont faire la différence ».

Plus tard, la chef de la délégation dit au téléphone : « Ils ont fait exactement ce que j’espérais qu’ils n’allaient pas faire ». Ces écoutes conduisent Le Journal du Dimanche à évoquer de « lourdes suspicions de trucage des résultats ».

Ces écoutes en disent également long sur le personnel européen de cette délégation d’observateurs. Parmi les écoutes publiées par Le JDD, celle du responsable de la sécurité de la délégation, en conversation avec un interlocuteur à Bruxelles. Evoquant le « personnel européen » de cette délégation, ces deux interlocuteurs se lamentent. Extraits : « La plupart, […] ce sont des gens qui ont eu des accidents de la vie […] c’est un peu le bas de gamme […] des gens qui travaillent seulement trois mois par an ».

Puis ces deux mêmes interlocuteurs critiquent vertement la « tenue » vestimentaire des observateurs européens ainsi que, selon Le Journal du Dimanche, les « frayeurs de MST chez certains membres du dispositif » – les MST, faut-il le rappeler, étant bien les maladies sexuellement transmissibles. Mais on n’en saura pas plus, en lisant Le JDD, sur Libreville by night…

Sarkozy : la bombe Buisson

Nous en parlions ici-même dimanche dernier, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy Patrick Buisson a sorti un livre à charge contre l’ancien président français. Et ce fut le grand événement de la presse magazine cette semaine. Fort de ses 464 pages, le livre de Patrick Buisson est un vrai pavé lancé dans la marre du sarkozysme.

Doté d’un titre volontairement emprunté à l’extrême-gauche « La cause du peuple », « pied de nez aux maoïstes », c’est « le livre qui accable Sarkozy », lance en Une,l’hebdomadaire L’Express, qui en publie, en exclusivité cette semaine, les « principaux passages ». Ceux qui l’ont lu expliquent que « la cause du peuple » est un livre qui ambitionne d’expliquer comment les politiques, de droite comme de gauche en général, et Nicolas Sarkozy en particulier, ont abandonné le peuple.

Mais ça n’est pas que ça. « En réalité, c’est une bombe », emphatise le magazine, qui, dans ce livre au résultat « dévastateur », distingue « anecdotes et réflexions », en soulignant, bien entendu, que les premières retiendront d’abord l’attention.

Sarkozy : le choc des photos

Justement. Parmi toutes les anecdotes de ce livre, une, plus que toutes, a fait scandale dès sa divulgation. C’est la plus grave signée Patrick Buisson. Elle est relative à la manifestation du 26 mars 2005 contre le projet de « contrat première embauche » porté par le Premier ministre de l’époque Dominique de Villepin, et qui se terminera par des émeutes en plein Paris. L’auteur de La cause du peuple, fait dire à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, je cite : « Nous avions pris la décision de laisser les bandes de blacks et de beurs agresser les jeunes Blancs aux Invalides, tout en informant les photographes de Paris Match ».

Survient une nouvelle manifestation. Et Buisson prête alors à Sarkozy les propos suivants : « On les laissera faire leurs courses chez Darty et à Go Sport ». Après quoi, la police intervient et le ministre de l’Intérieur apparaît sur les lieux, « fier de montrer, aux termes d’un scénario réglé au millimètre pour les caméras de télévision, à quel point il maîtrisait la situation face à un Premier ministre englué dans un affrontement mortifère avec la jeunesse ».

Et puis il y a ces deux anecdotes concernant le président du Front national Jean-Marie Le Pen. Selon Buisson, avant l’élection présidentielle de 2007, Sarkozy aurait donné instruction pour « faire remonter une cinquantaine de signatures d’élus au candidat Le Pen et à luis seul ». Et dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2007, Sarkozy aurait demandé à son conseiller d’appeler Jean-Marie Le Pen. « Demande-lui ce qu’il veut. Faut-il que je le reçoive ? S’il faut le recevoir maintenant, tu sais, je le recevrai », énonce-t-il dans son livre.

Sarkozy : le poids des mots

Et puis il y a les petites phrases assassines prêtées par Patrick Buisson à Nicolas Sarkozy. A commencer par celle évoquant Jacques Chirac : « Je n’ai jamais vu un type aussi corrompu », fait dire Buisson à Sarkozy.

Dans la bouche de l’ancien président, François Fillon, pourtant Premier ministre, n’est qu’un « pauvre type », un « minable ».

Xavier Bertrand, ancien ministre et ancien président de l’UMP ? « C’est un méchant. […] C’est d’ailleurs pour ça que je l’avais choisi », aurait dit Sarkozy.

L’actuel président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur Christian Estrosi ? C’est un « abruti » qui a « une noisette dans la tête ».

Quant à l’actuel président du sénat Gérard Larcher, il n’aurait ainsi pas pu être nommé ministre car « il est trop laid ! Tandis qu’avec Rachida [Dati] et Rama [Yade], on va leur en mettre plein la vue ». N’en jetez plus !

Pour Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy fut un « trader de la politique, un court-termiste qui avait le goût des allers-retours spéculatifs »

Sarkozy : le loup dans la bergerie

Auteur de ce livre, Patrick Buisson est toutefois un personnage controversé. Certes, admet L’Express, mais « inutile de s’offusquer du pedigree de l’auteur : ce ne sont pas les agneaux qui fréquentent les fauves, remarque l’hebdomadaire, et cette chronique inattendue des années 2005-2012 n’est rien moins qu’ahurissante. De ce que l’on a cru voir à l’époque, tout semble faux soudain, mélange de mensonge et de mise en scène. Avec Nicolas Sarkozy, la réalité ne se reflète jamais dans la fontaine des événements, toujours dans le miroir aux alouettes. Au peuple qui déciderait de lui rendre le pouvoir, et il en a le droit souverain, le sage pourrait opposer cette maxime de Térence : “Ovem lupo commisit” », autrement dit, « Tu as confié la brebis au loup ».

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