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Revue de presse française

A la Une: l’Etat déraille-t-il?

Audio 06:15
AFP

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Question posée ce mercredi 5 octobre dans tous les journaux et réponse unanime : oui… Le plan de sauvetage d’Alstom présenté hier par Manuel Valls est vertement critiqué.

Pour rappel, précisent Les Echos, « afin de pérenniser le site de Belfort, l’Etat va acheter 15 rames de TGV pour les lignes Intercités. Une situation transitoire, avance l’exécutif, en attendant la mise en service de nouvelles lignes à grande vitesse, mais celles-ci ne seront pas achevées avant une décennie au moins… »

Le Canard Enchaîné donne le ton : « Il commande 15 rames de TGV pour rouler à petite vitesse : François Hollande, chef de gag ! »

Le Figaro boit du petit lait… « Alstom : électoralisme à très grande vitesse », s’exclame le quotidien d’opposition. « À quelques mois des élections, pour empêcher cette entreprise de se réorganiser – comme cela arrive tous les jours à ses concurrents dans tous les pays du monde –, le gouvernement s’est surpassé. Accrochez vos ceintures, lance Le Figaro : lesté de 2 170 milliards d’euros de dettes, l’Etat va emprunter 450 millions pour passer une commande de TGV dont personne n’a besoin, destinés à rouler sur des lignes à petite vitesse, ce qui coûtera beaucoup plus cher que des trains classiques à la SNCF, laquelle croule déjà sous les pertes. Qui dit mieux ? »

Les Echos renchérissent : « quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limite. On ne voit pas pourquoi le gouvernement limite son ambition salvatrice au matériel ferroviaire. Il devrait aussi acheter des millions de poulets congelés pour éviter la fermeture de l’abattoir de Tilly-Sabco, en Bretagne. Et des dizaines de tonnes de châtaignes et de soja pour perpétuer les deux conserveries de Minerve elles aussi en Bretagne. Et des centaines de milliers de pâtisseries fraîches afin de venir en aide au site de Patiprestige à Saint-Galmier, dans la Loire. Dans chacune de ces entreprises, pointent Les Echos, des dizaines de salariés vont se retrouver sans emploi, contrairement au site Alstom de Belfort où des reclassements étaient prévus pour tous. »

A la petite semaine…

Libération s’interroge… « L’affaire Alstom est une parfaite illustration de la politique à la petite semaine menée depuis un bon moment par la France en matière industrielle. La commande publique annoncée hier pour maintenir l’activité et les emplois du site de Belfort est une excellente nouvelle, estime le journal, mais aurait-elle été débloquée si le pays ne s’était pas trouvé en période électorale ? Il est bien loin, le temps de l’Etat stratège qui nourrissait en son sein des champions aptes à damer le pion aux plus grandes boîtes américaines ou asiatiques. L’Europe et la mondialisation sont passées par là, mais aussi un désintérêt total du politique pour la chose industrielle, sauf à l’approche d’une échéance électorale importante – le casque de chantier devient alors l’accessoire obligé de tout candidat qui se respecte. Au fil des années, déplore Libération, l’Etat a ainsi perdu son rôle de stratège pour devenir simple pompier. »

L’Humanité n’est pas en reste… Le quotidien communiste dénonce « un sauvetage express […], un rafistolage à court terme, qui vise à sauver les apparences, et qui ne constitue en rien une réelle stratégie industrielle. »

En effet, pointe La Croix, « ce sauvetage in extremis montre bien les insuffisances de la politique industrielle en France, grande perdante depuis vingt ans des arbitrages. À la différence de l’Allemagne. Ce thème reste par ailleurs le grand oublié de la campagne présidentielle : ni droite ni gauche ne font beaucoup de propositions. Récemment des pans entiers de l’activité industrielle, comme la branche énergie d’Alstom cédée à l’américain General Electric, ont été vendus. Si les Français négligent leur industrie, d’autres s’en occuperont. »

Pour une politique industrielle globale !

Alors, souffle L’Alsace, « puisse cependant ce dossier servir de détonateur pour la mise en place d’une politique industrielle globale et à long terme. Car acheter la paix sociale en sortant le carnet de chèques n’est pas très glorieux. Alstom s’en tire à bon compte, alors que le groupe a été incapable d’adapter en douceur son outil de production. Le gouvernement, quant à lui, a donné le mauvais exemple. Après les TGV, s’interroge le quotidien alsacien, va-t-il passer commande à tous les secteurs de l’économie française en difficulté ? »

Attention, conclut L’Union, « cette petite victoire risque d’être de courte durée. Car le marché européen du ferroviaire est en surcapacité. Alstom, Bombardier et Siemens doivent faire face à la concurrence chinoise et japonaise. Tôt ou tard, cette guerre-là se traduira en plans sociaux. Pas sûr que l’Etat et la SNCF soient ce jour-là en mesure de commander des dizaines de TGV. »

Erdogan persiste

A lire dans Le Figaro : « la fuite en avant sécuritaire d’Erdogan » En effet, en Turquie, « l’Etat d’urgence, instauré après le putsch manqué de juillet, vient d’être prolongé et les purges se poursuivent. »

Toutefois, note le journal, « le discours sur la “sauvegarde de la démocratie”, un temps fédérateur, commence à sérieusement s’effriter. D’abord soudé derrière le président Erdogan à l’issue du coup raté, le parti d’opposition laïc et républicain (CHP) conteste aujourd’hui le “détournement” de l’état d’urgence pour imposer de facto le fameux système présidentiel dont Erdogan a toujours rêvé. »

Les médecins, des brutes ?

A la Une du Parisien, cette interrogation : « votre médecin est-il une brute ? » Dans un livre qui sort ce mercredi, Les brutes en blanc, l’écrivain et médecin, « Martin Winckler, dénonce une médecine déshumanisée. Les malades seraient à la fois victimes d’un système sans cœur et de dérives individuelles. »

Commentaire du Parisien : « les médecins soignent la maladie, pas le malade. Cela en dit malheureusement long sur cette société qui a sacralisé les protocoles au détriment des valeurs humanistes et des sentiments les plus simples. »

On a retrouvé Tim Burton !

Enfin, mercredi, jour de sortie cinématographique, avec une belle unanimité pour le dernier film de Tim Burton… Libération a aimé… « On a retrouvé Tim Burton », s’exclame Libé. « Avec Miss Peregrine et les enfants particuliers, le réalisateur américain retrouve enfin son inspiration et joue avec le temps et les artifices dans une fable réjouissante. »

Tim Burton, qui est longuement interviewé dans Le Figaro, explique pourquoi il resté finalement… un enfant : « tout simplement, dit-il, parce que j’ai un énorme retard de croissance émotionnel. Physiquement, ça s’aggrave d’années en années. Mais mentalement, j’ai toujours dans les 12-13 ans. »

Enfin, Eva Green, l’actrice vedette du film, indique dans Le Parisien qu’elle s’est toujours « sentie un peu étrange, différente… »

Apparemment, ces deux-là font la paire…

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