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Afrique économie

Les vols de cacao se multiplient en Côte d’Ivoire

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La délinquance grandit autour du cacao, qu’il s’agisse de vol d’espèces – nécessaires pour payer la récolte –, ou de vol des fèves de cacao elles-mêmes.
La délinquance grandit autour du cacao, qu’il s’agisse de vol d’espèces – nécessaires pour payer la récolte –, ou de vol des fèves de cacao elles-mêmes. ©Claire Fages/RFI

La récolte principale de cacao vient de démarrer en Côte d'Ivoire. Le cacao est de mieux en mieux payé au producteur : 1100 francs CFA cette année, contre 725 francs CFA, il y a cinq ans. Une bonne chose pour les cultivateurs, mais ce succès crée des convoitises et la délinquance grandit autour du cacao, que ce soit le vol des espèces, nécessaires pour payer la récolte, ou le vol des fèves de cacao, elles-mêmes.A Guitry, dans la région de Divo, dans le sud-ouest de la Côte d'Ivoire, le reportage de Claire Fages.

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Idrissa Ouattara vient de commencer la récolte dans sa parcelle de cinq hectares. Il n'est plus question pour lui de laisser les fèves sécher dans son champ. Il a peur qu'elles disparaissent et il fait venir tout de suite la coopérative. « Quand on « écabosse » (quand on casse la cabosse, le fruit, pour en ôter les fèves de cacao, NDLR), on va immédiatement voir la coopérative, ils viennent avec le camion pour transporter le cacao à l’abri. Auparavant on laissait les fèves sécher dans la plantation mais avec tous ces voleurs, on ne peut plus les laisser. Il y a trop de vols de fèves. »


Pas de banque à Guitry et de mauvaises routes

Mais les coopératives subissent elles aussi des vols de remorques de fèves, quand les pistes sont bloquées par les pluies, ou la nuit. La coopérative de Guitry s'est également fait voler deux fois l'argent qu'elle devait remettre aux producteurs. « Nous avons été victimes d’un braquage cette année, raconte le directeur, Denis Tindji Logbou. Parce que nous sommes obligés d’aller chercher de l’argent, il faut le transporter, c’est beaucoup de risque. Nous avons perdu une grosse somme… 20 millions de francs CFA (l’équivalent de 20 400 euros). Le problème, c’est que Guitry n’a pas de banque. Il faut aller à Abidjan, c’est risqué.» Abidjan n’est qu’à 173 km de Guitry, mais il faut compter au moins trois heures de route, quand le temps est favorable, le goudron s’arrêtant à Divo. Il faut ensuite prendre des pistes, qui peuvent être impraticables en cas d’inondation, comme, c’était le cas en début de semaine.

La solution du téléphone portable

Pour tenter de contourner ces problèmes d’infrastructures et de sécurité, l’entreprise Cargill, un des plus gros acheteurs et broyeurs de fèves, avec une capacité de broyage de 120 000 tonnes, soit près de 10% de la récolte ivoirienne, encourage le paiement par téléphone portable, le « mobile banking ». « Dans la mesure où en Côte d’Ivoire beaucoup de banques ne sont pas présentes dans les villages, explique Jean-Marie Delon, responsable des programmes de durabilité chez Cargill West Africa, on a trouvé nécessaire de conduire une initiative sur le « mobile banking » avec le soutien de la Banque mondiale, d’une banque locale et d’un opérateur téléphonique. On a beaucoup d’espoir dans ce projet. On pense qu’à l’avenir le « mobile banking » sera un tout nouveau moyen de payer le cacao aux producteurs. » Le paiement et l'épargne sur téléphone portable sont déjà développés auprès des planteurs de cacao au Ghana voisin.

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