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Revue de presse Afrique

A la Une: la mort de Cheikh Ag Aoussa

Audio 04:00
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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La disparition samedi de ce chef rebelle touareg suscite bien des commentaires dans les médias ouest-africains ce matin, à commencer par les journaux maliens…
Ainsi, s’exclame Le Malien, « le sulfureux combattant de l’Adrar des Ifoghas, bras déclaré du sinistre Iyad Ag Ghali, ayant rallié le HCUA, le Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad, Cheikh Ag Aoussa, a été carbonisé, samedi soir, au sortir d’une rencontre avec les forces Barkhane et Onusiennes à Kidal. Les rebelles de la CMA haussent déjà le ton et réclament des enquêtes. (…) L’homme, rappelle Le Malien, aurait été mêlé, selon des sources sécuritaires, à la totalité des attaques et crimes commis dans les régions de Gao, Tombouctou et Kidal depuis 2011, dont le massacre d’Aguelhok. Avec Ibrahim Ag Bahanga, Hassane Fagaga, il constituait un véritable trio infernal. Et si l’on ajoutait à cela Iyad Ag Ghali et sa bande, le cocktail était évidemment explosif au Nord-Mali. »

Alors bon débarras, lance L’Humanité, autre journal malien… « Un être humain ne doit pas se réjouir de la mort de son prochain mais la mort d’un bandit, d’un trafiquant de drogue doublé tantôt d’un djihadiste, tantôt d’un rebelle, tantôt d’un légaliste, à la dimension de Cheikh Ag Aoussa est une bonne nouvelle pour la suite du processus de paix, estime L’Humanité. C’est une épine qui vient d’être enlevée des pieds des maliens. »

Alors qui est responsable de la mort du chef rebelle ?

Pour Ledjely.com en Guinée, trois hypothèses :

« Cheikh Ag Aoussa, en compagnie d’autres responsables de la CMA, venait de sortir d’une réunion s’étant tenue dans l’enceinte même de la base de la Minusma, la Mission des Nations unies pour le soutien au Mali, à Kidal. Sur le chemin du retour donc, alors que toute la délégation de la CMA cheminait en formant une longue colonne de véhicules, c’est la voiture d’Ag Aoussa qui explose. Il se trouve que c’est lui qui fermait la marche. Les autres membres de la délégation, après un examen sommaire des restes du véhicule carbonisé, ont conclu à un piège préparé à dessein contre la victime. Quelqu’un aurait profité de la réunion pour glisser un explosif sous la voiture. Et tout naturellement, les soupçons s’orientent en tout premier lieu vers la Minusma. Il est vrai que si cette hypothèse-là venait à prospérer, la mission onusienne serait gênée aux entournures. »

Autre hypothèse, poursuit Ledjely.com, « le véhicule aurait roulé sur une mine posée-là à tout hasard. En d’autres termes, la mort du leader touareg serait liée au fait qu’il se soit trouvé au mauvais endroit et au mauvais moment. Mais, on serait tenté de se demander pourquoi seule la voiture d’Ag Aoussa aurait roulé sur l’engin explosif ? Malchance, pourrait-on répondre ».

Enfin, dernière hypothèse que personne n’évoque, mais qui demeure tout aussi plausible, pointe Ledjely.com, « ce serait que la mort d’Ag Aoussa soit une sorte de règlement de compte interne aux mouvements pro-touareg. En effet, il se dit qu’Ag Aoussa était un nanti dont les avoirs pouvaient légitimement susciter une certaine jalousie. D’autant que sa générosité, manifestation de sa richesse, lui conférait une certaine aura et de l’influence dans les rangs de combattants touarègues. »

En tout cas, relève L’Observateur Paalga au Burkina, « quelle que soit la vérité, si tant est qu’elle vienne un jour, une chose est pour le moment certaine : c’est la paix, déjà fragile, qui en prend un sérieux coup. »

En effet, renchérit Aujourd’hui, toujours à Ouaga, « cette mort n’est pas de bonne augure pour les accords de paix au Mali. Obtenus à force de négociations, d’humiliations, de sueur et de sang, les accords d’Alger sont régulièrement malmenés à Kidal, Tombouctou ou Gao et même à Bamako. Et la mort de ce haut responsable de la CMA risque de faire évoluer les choses de mal en pis. »

Enfin, analyse similaire pour Guinée Conakry Infos : « la sempiternelle crise malienne entre dans de graves convulsions avec la mort, dans des conditions encore troubles, de Cheikh Ag Haoussa. Une disparition qui vient envenimer une situation qui était déjà par trop explosive… »

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