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Revue de presse Afrique

A la Une: l’accord inter-congolais sous le feu des critiques

Audio 04:27
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Une table, un document et trois hommes et une femme qui viennent successivement apposer leur paraphe, le tout entouré d’une nuée de journalistes, de photographes et de cameramen. Les photos de la signature officielle du dialogue politique en RDC sont à la Une du site d’information congolais 7 sur 7.

« De manière solennelle, précise 7 sur 7, c’est le directeur de cabinet du président de la République, Nehemie Mwilanya, qui a signé pour le compte de la Majorité présidentielle. Pour l’Opposition, c’est Vital Kamerhe qui a apposé sa signature. L’ancien vice-président de la République Azarias Ruberwa pour le compte des 'Personnalités'. Enfin l’ancienne ministre aux droits humains, Marie-Madeleine Kalala, pour le compte de la société civile. »

Alors, cet accord « propose plusieurs points négociés, relève le site d’information Afrikarabia : un fichier électoral totalement révisé, une présidentielle fixée pour fin avril 2018 (soit deux ans de report), un Premier ministre sorti des rangs de l’opposition, un nouveau gouvernement nommé dans les 21 jours, et enfin, un comité de suivi de la période transitoire composé de membres de la majorité, de l’opposition, de la société civile et appuyé par la communauté internationale. »

Trop d’inconnues…

Seulement voilà, pointe encore Afrikarabia, « le Rassemblement de l’opposition d’Etienne Tshisekedi, qui a boycotté le dialogue, rejette en bloc cet accord. » En effet, selon l’UDPS, « la question du sort politique du président congolais après la transition n’est pas évoqué dans l’accord. Car si Joseph Kabila est censé rester dans son fauteuil jusqu’à l’élection d’un nouveau président, rien n’est dit sur une possible nouvelle candidature de sa part après la transition. La période transitoire pourrait notamment permettre à l’actuel chef de l’Etat de 'remettre les compteurs à zéro' pour briguer un nouveau mandat ; ou de lui permettre de faire modifier la Constitution pour être de nouveau candidat à sa succession. »

Au final, renchérit le site d’information Cameroun Info, « cet accord politique ne règle presque rien sur le fond. Certes, une date pour la tenue de l’élection présidentielle est avancée. Mais elle est à la fois lointaine (fin avril 2018) et incertaine… L’accord ne contient que de très faibles garanties pour la faire respecter. (…) Plus grave, l’accord ne prévoit aucune disposition stipulant l’interdiction pour le Président actuel de se représenter. » Et qui plus est, assène encore Cameroun Info, « le dialogue n’ayant pas été inclusif, il souffre immanquablement aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale d’un manque de légitimité. »

Un scénario à la Poutine ?

« La technique semble bien rodée, relève pour sa part La Tribune Afrique : jouer sur le glissement de la date des élections, le temps d’affaiblir l'opposition. Pressenti au poste de Premier ministre, Vital Kamerhe, président de l’UNC, est un ancien homme du sérail pour avoir été ministre. Certains y voient un jeu de chaises musicales qui permettrait à Joseph Kabila de se faire remplacer par Vital Kamerhe, le temps de revenir au pouvoir, à la Poutine ! »
Alors, « peut-on véritablement parler d’accord politique ?, s’interroge Ledjely.com. Ne s’agirait-il pas plutôt d’arrangements entre des personnalités politiques et de la société civile ayant décidé, en contrepartie de la quiétude sociale qu’elles pourraient contribuer à instaurer, de se partager le pouvoir ? »

Concert de désapprobations

Pour Le Pays au Burkina, « ce pacte qui scelle le partage du pouvoir entre amis du même arbre à palabres constitue la pomme de discorde avec l’autre frange de l’opposition, le Rassemblement mené par le vieux lion, Etienne Tshisekedi. (…) En effet, pointe le quotidien burkinabé, dès ce mercredi, l’opposition radicale appelle à une journée ville morte pour protester contre cet accord et réaffirmer son engagement à ne pas accorder une minute supplémentaire à Kabila au-delà du 19 décembre 2016, fin de son mandat constitutionnel. Et comme pour se joindre au chœur de désapprobations du Rassemblement, note encore Le Pays, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, dans un langage d’une rare virulence, appellent à la tenue des élections au plus tard en 2017 et à l’ouverture d’un nouveau dialogue, véritablement inclusif. »

Et puis la France, elle aussi, lève le ton… Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault : « il faut impérativement s’en tenir à la Constitution, a-t-il déclaré en substance, rapporte le quotidien Aujourd’hui, et ce n’est pas par des artifices enrobés par un pseudo-dialogue qui a regroupé le pouvoir et une 'petite partie de l’opposition', qui va régler le problème en RDC. »

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