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Revue de presse Afrique

A la Une : censure en RDC

Audio 04:16
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Opposition bâillonnée, quadrillage policier, radios brouillées : le pouvoir durcit le ton en RDC.
« A la place du meeting du Rassemblement de l’opposition devant le stade des Martyrs, c’est un bien curieux match de football qui s’est déroulé ce samedi devant l’esplanade Triomphale, constate le site d’information Afrikarabia. Deux équipes de policiers 'en civil' s’affrontaient à l’endroit même où l’opposant Etienne Tshisekedi devait prendre la parole. Et le meeting, interdit depuis plusieurs jours par le gouverneur de Kinshasa, n’a pas eu lieu. Ce samedi 5 novembre, la police congolaise avait pour mission 'de disperser tout attroupement de plus de dix personnes'. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le mot d’ordre a été respecté. Dès les premières heures de la matinée, le boulevard Triomphal et ses alentours a été bouclé par les jeeps de la police et d’importantes forces de sécurité. Conséquence, aucun manifestant n’a pu s’en approcher. »

Le Mobutisme de retour ?

« Flagrant délit de violation des libertés publiques », s’exclame Le Potentiel à Kinshasa. « Depuis le 22 septembre dernier, constate le quotidien congolais, l’autorité urbaine a interdit, jusqu’à nouvel ordre, toutes manifestations politiques publiques prétextant que les organisateurs n’ont pas la capacité d’encadrer leurs membres. Une décision qui sent à mille lieues la volonté de la classe dirigeante de bafouer tous les droits démocratiques des Congolais. En empêchant le Rassemblement de tenir son meeting samedi, le pouvoir de Kinshasa prouve à la face du monde qu’il s’inscrit à contrecourant de toutes les résolutions des Nations Unies et même des principes de la Charte de l’Union africaine qui encouragent la démocratie en RDC. La Majorité présidentielle est en train de commettre là une erreur de trop, s’exclame encore Le Potentiel. Ni les Congolais, dans leur écrasante majorité, ni la Communauté internationale n’accepteront de cautionner un quelconque retour du 'mobutisme' en RDC. »

Coupée du monde

Qui plus est, RFI et Radio Okapi étaient toujours brouillées hier soir…
On revient à Afrikarabia qui constate que « comme c’est devenu l’habitude depuis deux ans, à chaque journée de mobilisation de l’opposition, le signal de RFI, la station la plus écoutée à Kinshasa, a été coupé, obligeant la population à se brancher sur la fréquence de Brazzaville, émettant depuis l’autre côté du fleuve. Mais cette fois-ci la censure s’est aussi abattue sur la radio onusienne Okapi, financée par les Nations unies, dont les émissions ont été brouillées pour la première fois dans la capitale. Preuve que cette journée de samedi était redoutée par les autorités congolaises. »

« Le temps d’un week-end, soupire L’Observateur Paalga au Burkina, la RDC était fermée au monde extérieur, en tout cas sur le plan médiatique. Alors que l’opposition entendait braver l’interdiction gouvernementale de manifester, le régime congolais a en effet verrouillé la voix des ondes. Le tout n’était donc pas de vouloir descendre dans la rue, encore fallait-il pouvoir se faire entendre. (…) C’est du reste devenu une règle dans de nombreuses 'démocratures', déplore encore le quotidien ouagalais, qui ont bien compris que l’information et la communication sont un enjeu de pouvoir, surtout à l’heure d’Internet, et dont l’une des premières préoccupations en cas de manifestation est de restreindre les libertés d’expression et d’opinion ainsi que de verrouiller les canaux qui permettent de les diffuser. »

En tout cas, s’enflamme L’Observateur Paalga, « si effectivement Kabila a pu empêcher les opposants de manifester samedi dernier, il n’a en rien altéré leur détermination, eux qui jurent de revenir à la charge, avec l’onction de l’Eglise catholique et sous le regard attentif de la communauté internationale. Le chef de l’Etat peut toujours réprimer toute manifestation, fermer toutes les radios et couper Internet, ce n’est certainement pas ça qui le sauvera. Tôt ou tard il devra faire face à son destin. »

« Tout est calme »

Enfin cette interview du chef de la police de Kinshasa, le général Célestin Kanyama, publiée il y a quelques jours sur le site de Jeune Afrique… Voici ses propos : « nous sommes une mégalopole de plus de 12 millions d’habitants, donc, comme toutes les grandes villes, ce n’est pas le paradis. Mais comparée à Paris, Bruxelles ou Johannesburg, Kinshasa est une oasis de sécurité, affirme le général Kanyama. Par rapport à ce que c’était il y a cinq ou dix ans, l’autorité a fait un considérable bond en avant. »
A la question « quelle est l’atmosphère à Kinshasa ? Ressentez-vous des tensions ? » Le chef de la police répond : « aucune. Tout est calme. Nous avons un peuple pacifique, qui respecte l’autorité établie. Il ne faut pas que les étrangers viennent lui apprendre la violence. »

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