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Aujourd'hui l'économie

La Trump inflation, mirage ou réalité ?

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Les obligations émises par les Etats voient leur prix s'envoler.
Les obligations émises par les Etats voient leur prix s'envoler. Getty images

Avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, l'inflation va-t-elle faire son retour ? Est-ce une bonne nouvelle pour les Européens ?

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Depuis quelques jours les obligations émises par les Etats voient leur prix s'envoler. En France, les taux d'intérêt des bons à dix ans ont presque doublé. Dans les journaux américains, britanniques, italiens ou indiens un nouveau mot valise revient en boucle pour parler de ce phénomène de hausse : la Trump inflation. Car tout ce qu'a promis Donald Trump pour booster la croissance va alimenter l'inflation, expliquent les analystes de TAC Economics. Baisser les impôts, faire des grands travaux, c'est encourager l'activité à court terme, et en même temps pousser les prix vers le haut. Le protectionnisme annoncé va faire bondir les prix des produits importés. La chasse aux immigrés dans un pays déjà proche du plein emploi contraindra les employeurs à augmenter les salaires pour recruter. Etant donné que les Etats-Unis sont encore la première puissance économique, ce mouvement pourrait bien se répercuter très vite dans le reste du monde.

Si l'inflation accompagne la croissance, c'est plutôt une bonne nouvelle pour l'économie mondiale ?

C’est une perspective réjouissante « si on a affaire à de la bonne inflation », selon Frederik Ducrozet de chez Pictet Investissement. On va sortir du piège de la déflation qui entraîne vers le bas les salaires, les prix et qui dissuade les entreprises d'investir et d'embaucher. On va quitter ce territoire inconnu des taux négatifs qui plombent les banques. Bien sûr cela a un coût, le crédit sera plus cher. C'est dangereux pour les Etats les plus endettés, comme l'Italie, la Grèce qui pourrait retarder un peu plus son retour sur les marchés, mais c'est globalement supportable pour les autres, selon Frederik Ducrozet. Car les obligations émises avant l'élection américaine seront remboursées à des taux extrêmement faibles. Pour l'immobilier, « ne nous laissons pas Trumper » rassurent les acteurs du marché : les taux vont certes remonter, mais cela devrait être très progressif.

Janet Yellen, la patronne de la Réserve Fédérale doit contrôler ce mouvement progressif de hausse des taux

A condition que le nouveau président lui laisse la main. Il a été extrêmement critique avec la FED qu'il a accusée violemment de jouer contre la reprise en maintenant les taux au plancher. Si elle n'a pas la confiance du président américain, et du Congrès, qui lui est également hostile, s'il cherche à la remplacer ou si elle préfère démissionner parce qu'elle estime que les dissensions avec l'exécutif sont trop fortes pour qu’elle mène sereinement sa mission, cela pourrait provoquer un séisme sur les marchés. On peut oublier cette bonne inflation et la croissance qui va avec. On y verra plus clair demain puisqu'elle va s'exprimer devant le Congrès pour la première fois depuis l'élection de Donald Trump. Elle précisera si elle va bien procéder à un relèvement des taux à partir de décembre et à quelle allure.

Est-ce qu'il y a d'autres inconnues qui pourraient annuler les effets positifs escomptés de cette politique économique inflationniste ?

Etant donné la personnalité de Donald Trump, son inexpérience en matière de gestion des affaires publiques, les analystes de TAC Economics se demandent s'il va vraiment faire ce qu'il dit. Et le pourra-t-il? Frederik Ducrozet souligne que le nouveau président américain entre en fonction en janvier et c'est seulement à l'automne prochain que sa politique économique sera clarifiée et surtout validée ou non par le Congrès.

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