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Revue de presse française

A la Une: Alep, naufrage de la pensée

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AFP

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Les opérations d’évacuation des quartiers est de la ville sont suspendues ce matin. Suspension qui fait craindre une reprise des combats, chaque camp accusant l’autre d’être responsable des blocages. Pour y voir plus clair, le quotidien Libération propose ce matin à ses lecteurs de trier le vrai du faux « contre la guerre de l’intox » au sujet d’Alep.

Avant d’ouvrir ce dossier, rappelons que la France a déposé hier une résolution au conseil de sécurité de l’ONU, prévoyant le déploiement d’observateurs internationaux pour s’assurer de l’évacuation « en toute sécurité » de quelque 40 000 civils recensés par l’ONU, et soulignons qu’Alep en particulier et la Syrie en général, c’est l’échec majeur d’un mandat qui s’achève, celui de Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’Onu, qui dans 2 semaines passera le relais à son successeur, l’ancien premier ministre socialiste portugais Antonio Gutteres.

Cet échec, c’est aussi celui des diplomaties occidentales, et Libération, donc, en conserve un goût amer. Ce quotidien se souvient du « très cynique adage » de la diplomatie américaine dans les années 1970 quand le Département d’Etat à Washington défendait des dictateurs du tonneau d’un Somoza, au Nicaragua, et qui résumait crânement la doctrine, en quelque sorte, du soutien « yankee » à ces dictatures. Cet adage était : « Ce sont des barbares mais ce sont les nôtres »

A l’époque, rappelle donc Libé, l’Amérique les soutenait « parce qu’elle voyait en eux le meilleur rempart contre le communisme. Au nom de cette logique, les Etats-Unis ont tenu à bout de bras les régimes militaires du Chili, du Brésil ou d’Argentine qui ont généralisé la torture, assassiné Salvador Allende et fait disparaître des milliers de militants de gauche par les moyens les plus cruels, se souvient Libération. C’est au nom du même principe qu’une partie de la classe politique française voit dans Bachar el-Assad, dont elle réprouve les méthodes, un dictateur qu’il faut ménager. Aussi cruel soit-il, dit-on, ce régime reste le plus efficace contre le terrorisme. Il faut donc le laisser en place ».

Indigné par cette logique toute de cynisme, ce quotidien traite donc Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou François Fillon de « complices du dictateur […] à des degrés divers ». Lesquels « psalmodient ce mantra mensonger selon lequel “il faut parler avec les Russes”[…] Ils disent “parler”, ils veulent dire “céder”. Céder à Poutine, et donc au dictateur syrien. El-Assad est un barbare, mais c’est le nôtre », martèle avec accablement Libération.

Plus sobrement, Ouest France estime ce matin que la chute d’Alep, c’est aussi une « défaite pour les droits de l’homme, pour l’Occident, mais aussi une défaite pour l’Onu, bloquée par les vetos ». Et Ouest France de placer à présent ses espoirs en celui que ce grand quotidien de l’ouest de la France appelle le « nouveau président, M. Gutierrez qui va prendre la direction de la grande et indispensable institution internationale » et de laquelle ce journal attend qu’il améliore « le fonctionnement et l’efficacité ».

Irak : naufrage de l’arrogance

Et la manchette du Figaro est toute contenue ce matin dans cette vertigineuse question : « Donald Trump peut-il sortir l’Amérique du piège irakien ? ». Cette question, pourquoi la poser maintenant ? Parce qu’officiellement, voilà cinq ans que les militaires américains sont partis d’Irak, mais leurs forces sont toujours engagées dans la bataille de Mossoul, « et la guerre contre Daech est loin d’être terminée », souligne ce quotidien.

L’Irak, « c’est un dossier que les présidents américains se passent de main en main, comme une douille d’obus trop chaude. Bush, Obama et maintenant Trump... L’Irak, pour l’Amérique, est un cauchemar stratégique », souligne Le Figaro.

Alors, oui, « que fera Donald Trump ? Il ne cesse de dire qu’il veut une empreinte plus légère sur le monde. Mettre fin au jeu de “l’intervention et du chaos”. Mais, dans le même temps, promet de pulvériser Daech et de calmer les ardeurs iraniennes. La synthèse n’est pas aisée. Une chose est sûre, si le nouveau président laisse la main à Poutine en Syrie, il devra d’autant plus “réussir l’Irak” », insiste le confrère.

Cyberattaques : les rodomontades d’Obama

Pendant ce temps, Barack Obama accuse directement Vladimir Poutine au sujet des cyberattaques imputés à la Russie. Ces piratages ont-ils ou non perturbé la dernière élection présidentielle américaine ? Lors de son ultime conférence de presse de président, Obama a pointé la Russie du doigt. Et on le voit, justement, ce matin, pointer un doigt accusateur dans le quotidien Le Parisien. « Obama menace la Russie », lance ce journal.

Mais les menaces de représailles brandies par Barack Obama ne vont sans doute pas « faire frémir » Vladimir Poutine, soupire Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Car, « comme toute la planète, le maître du Kremlin se souvient forcément des avertissements lancés par son homologue américain après l’invasion par l’armée russe de l’est de l’Ukraine ou après l’annexion de la Crimée. Il n’a pas oublié qu’elles n’ont abouti qu’à de minimales sanctions économiques », rappelle cruellement ce quotidien de l’est de la France.

Pape : tendre octogénaire

Un anniversaire aujourd’hui, et pas n’importe lequel, celui du pape François, qui a aujourd’hui quatre-vingts ans pile. C’est « dans un climat tendu au Vatican » que le pape franchit ce cap, souligne Le Figaro, car sa « révolution de la tendresse » passe mal auprès ce « certains » cardinaux, et notamment sa bienveillance et « l’ouverture » par lui offerte aux « divorcés remariés ».

Mais loin de ces polémiques, en ce jour glorieux entre tous pour l’illustre désormais octogénaire, le quotidien catholique La Croix ouvre l’album-photos du pape. François devant le Mur des lamentations à Jérusalem, le pape de la « rencontre » et donc du « dialogue », François dans le métro, le pape, tout sourire, pris en photo dans l’avion par un journaliste assis et le souverain pontife debout, disponible comme pas deux, le pape à genoux, baisant les pieds des fidèles à Rome après les leur avoir lavés… Pape, un vrai sacerdoce, et le portfolio de La Croix, une vraie collection d’images pieuses. Mais à notre tour comme le journal catholique, même si ça n’est pas encore un pape-selfie, en ce 17 décembre lançons-lui un « bon anniv, François ». Sans mégoter.

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