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Aujourd'hui l'économie

L'Etat actionnaire, un piteux gestionnaire d'entreprises pour la Cour des comptes

Audio 03:10
Entrée de la Cour des comptes à Paris, rue Cambon.
Entrée de la Cour des comptes à Paris, rue Cambon. Wikimédia

La Cour des comptes épingle l’État actionnaire pour mauvaise gestion. Dans un rapport publié mercredi 25 janvier, l’institution reproche à l’État de sacrifier les choix économiques sur l’autel de la politique. Au risque de frôler, parfois, le conflit d’intérêts.

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Thales, Renault, Airbus, Areva, EDF ou la SNCF... toutes ces sociétés ont pour actionnaire l’État. Ses participations les plus importantes se trouvent chez l’électricien EDF avec un peu plus de 85 % du capital, pour 17,5 milliards d’euros, Engie où il est présent à hauteur de 32,8 %, mais aussi chez Orange légèrement avec un peu plus de 23 %. Au total, l’État représente 10 % de l’emploi, soit près de 2,5 millions de salariés.

Selon le rapport publié hier par les experts financiers de la rue Cambon, l’État ne serait pas toujours pertinent dans ses choix. Tiraillé entre une gestion économique rentable et des décisions politiques assurant une stabilité sociale. Trop interventionniste lors de conflits sociaux, l’État a la fâcheuse tendance à s’immiscer dans les décisions des patrons d’entreprises en partie publiques pour calmer le jeu.

On a tous en mémoire le dernier conflit avec Alstom. L’État a contraint la SNCF à commander à Alstom, pour 500 millions d’euros, 15 rames de TGV, qui ne rouleront pas à grande vitesse... Des rames payées, au final, par le contribuable... Mais la commande a permis d’éviter la fermeture du site d’Alstom à Belfort, alors même qu’aucun licenciement n’était prévu... juste un déménagement dans une autre usine en Alsace.

Un exercice limité

Le rapport pointe les limites de l’exercice, et rappelle que l’État, qui détient 20 % du capital d’Alstom, s’est quand même retrouvé en délicatesse avec l’annonce de la fermeture du site de Belfort. C’est bien la démonstration de la difficulté de l’État à peser sur les choix stratégiques des entreprises dont il est actionnaire. Idem pour la décision de la fermeture de la centrale de Fessenheim... Le choix est avant tout politique alors qu’il ne va pas forcément dans le sens des intérêts d’EDF, dont l’État est pourtant actionnaire. Pour le président de la Cour des comptes, Didier Migaud il s’agit d’un cas typique de « conflit d’objectifs », selon lui l’État « confond tutelle et actionnariat ».

Des exemples qui poussent à s’interroger sur le rôle de l’État actionnaire. Doit-il peser sur la stratégie d’un groupe et si oui dans quel but ? Doit-il être le garant de l’emploi notamment dans les territoires fragilisés ou doit-il soutenir, coûte que coûte, le développement des entreprises concernées au risque de cautionner une éventuelle casse sociale ? A-t-il vocation à rester au capital d’un groupe en déliquescence ? Les questions sont aussi importantes que la valeur du portefeuille de l’État, dont le montant s’élève à 100 milliards d’euros, avec 62 participations dans des groupes cotés, il est présent au capital de 1 800 entreprises.

Un actionnaire pas comme les autres

Un portefeuille qualifié d’hétérogène par les magistrats de la Cour des comptes qui recommandent à l’État de faire le ménage dans ses participations et d’établir une réelle stratégie dans le choix de ses investissements. La Cour se dit préoccupée par la situation financière de la SNCF et d’Areva qui ont entraîné une perte de 10 milliards d’euros. Une recapitalisation de 7 milliards d’euros s’avère nécessaire pour cette année. Face aux importants besoins financiers de ces deux groupes, les magistrats évoquent une « possible dilution de la participation de l’État ».

Si la Cour des comptes reconnaît que l’État n’est pas un actionnaire comme les autres, elle le met en garde contre la tentation de la toute-puissance et lui recommande soit de diminuer son niveau de participation soit de se retirer purement et simplement de certaines entreprises.

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