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Bonjour l'Europe

Tension entre l’Espagne et le Portugal autour du nucléaire

Audio 03:02
La centrale nucléaire espagnole d'Almaraz, source de tensions entre Madrid et Lisbonne.
La centrale nucléaire espagnole d'Almaraz, source de tensions entre Madrid et Lisbonne. Wikimedia Commons / Frobles

Entre l'Espagne et le Portugal, en général, les relations bilatérales sont très bonnes. Mais un sujet irrite le deux nations ibériques : la centrale nucléaire d’Almaraz, en Espagne, qui se situe à seulement 100 kilomètres de la frontière portugaise. Cette centrale, qui va bientôt souffler ses 40 bougies, devait fermer ses portes, mais Madrid a décidé de prolonger sa durée de vie de 10, voire 20 ans. Une perspective qui suscite la craine de Lisbonne.

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Tout a commencé avec la récente décision de l’Espagne de construire un silo à côté de la centrale nucléaire d’Almaraz. Ce silo doit recueillir les déchets nucléaires de cette même centrale. Ce qui fait enrager le Portugal, c’est qu’il n’a pas été consulté dans cette décision. Or, il pense être directement concerné, car ce silo suppose le report de la durée de vie de la centrale.

Avec ce silo, le site, qui devait fermer, pourrait finalement fonctionner jusqu'en 2038. Un drame pour Lisbonne. En effet, cette centrale souffre déjà de pannes dans sa tour de refroidissement. Si jamais il y avait des fuites radioactives, elles pourraient s’échapper par voie aérienne, ou pire encore, par le fleuve Tage qui coule jusqu’à la capitale, Lisbonne.

L'Espagne se mure dans le silence...

Pour l’instant, le gouvernement conservateur espagnol de Mariano Rajoy n’a répondu que par le silence aux demandes du gouvernement de gauche du Portugais Sousa.  C’est ce qui a obligé ce dernier à recourir à la justice européenne. Ce qui préoccupe le Portugal, c’est que le conseil supérieur du nucléaire à Madrid a donné son accord.

Et ce, même si l’ensemble de l’opposition politique espagnole est contre l’idée de faire durer plus longtemps la centrale d’Almaraz, jugée vieille, vétuste, obsolète et dangereuse. Tout comme, d’ailleurs, la plupart des cinq centrales du pays. Cela n’empêche pas l’administration Rajoy de vouloir les maintenir jusqu'à 50, voire 60 ans en activité.

... et l'Espagne s'entête

Alors que les centrales en fonctionnement n'ont été conçues que pour durer quatre décennies, il y a trois raisons derrière cette obstination espagnole, qui perturbe et fait enrager le Portugal. La première, c’est que le nucléaire représente 20 % de l’énergie en Espagne, et que le secteur du renouvelable, en plein essor, n’est pas encore assez fort pour garantir une bonne autonomie.

La deuxième, très embêtante, c’est que Madrid ne sait pas quoi faire des déchets nucléaires qui s’accumulent. L’idée était de concentrer ces déchets près d’un village à l’ouest de la Castille, mais les pouvoirs locaux font trainer l’opération. Enfin, une troisième raison, qui relève de la rumeur et de la polémique : certains médias affirment que le gouvernement veut faire plaisir aux grandes entreprises énergétiques comme Iberdrola ou Union Fenosa, propriétaires de ces centrales, qui ont bien sûr tout intérêt à ce qu’elles soient maintenues en vie.

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