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Bonjour l'Europe

Albanie: une crise politique qui dure

Audio 04:01
Manifestation de l'opposition à Tirana, en Albanie, le 18 février 2017.
Manifestation de l'opposition à Tirana, en Albanie, le 18 février 2017. REUTERS/Florion Goga

Depuis le 18 février 2017, l'opposition manifeste dans les rues de Tirana pour dénoncer la politique du gouvernement socialiste du Premier ministre Edi Rama. Alors que les élections législatives du 18 juin prochain approchent, la société albanaise semble plus polarisée que jamais.

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L'Albanie se débat dans une crise politique aux multiples rebondissements. Depuis de longs mois, les députés de l'opposition boycottent le Parlement albanais pour protester contre une réforme de la justice dont ils affirment avoir été écartés. Cette réforme était pourtant exigée par l'Union européenne et avait été fortement soutenue par les chancelleries occidentales. Le Commissaire européen à l'élargissement, Johannes Hahn, a implicitement désavoué la stratégie de l'opposition en soulignant « que le débat politique ne devait pas se dérouler hors des murs du Parlement » et que « la coopération entre le gouvernement et l'opposition était cruciale pour que l'Albanie puisse rejoindre l'Union européenne ».

De fait, tout dialogue semble depuis longtemps rompu entre les deux principaux partis de la scène politique albanaise, qui se relaient au pouvoir depuis la chute du régime communiste, en 1991. Actuellement dans l'opposition, les libéraux du Parti démocratique dénoncent la corruption de la majorité socialiste et reprochent notamment au Premier ministre Edi Rama, depuis son arrivée au pouvoir en 2013, d'avoir organisé l'extension de la culture du cannabis dans le pays pour en tirer de substantiels revenus. Mais dans les faits, quand il était lui-même aux affaires, le PD ne semblait pas non plus très enclin à lutter contre le trafic.

Un chapiteau dans le centre de Tirana

Les manifestants ont installé une grande tente sous les fenêtres du Premier ministre et des centaines de citoyens viennent tous les jours au micro pour exprimer leur colère, tout comme les principaux responsables de l'opposition. « Nous sommes ici pour dire à Edi Rama de partir. Nous voulons un gouvernement technique qui organisera des élections libres et indépendantes », a ainsi clamé en début de semaine Lulzim Basha, le président du Parti démocratique. De son côté, le Premier ministre a expliqué que les manoeuvres de l'opposition avaient pour but de bloquer la réforme de la justice, afin de sauver les juges et les procureurs qui les soutiennent.

Vers une démission du gouvernement ?

Toute la question est de savoir si le Parti démocratique peut forcer le gouvernement à démissionner. Pour l'instant, la mobilisation se dépasse guère les rangs des militants du parti. Alors que des milliers de jeunes diplômés quittent chaque année le pays dans l'espoir de trouver en Europe occidentale une vie meilleure, les citoyens ordinaires semblent également déçus par les deux grands mouvements politiques du pays. Si le blocage se poursuit, pas sûr cependant que la coalition gouvernementale parvienne à maintenir son unité de façade. Des ministres appartenant au Mouvement socialiste pour l’intégration, dont le chef Ilir Meta est le président du Parlement, ont en effet dénoncé la « corruption » du Parti socialiste (PS) avec qui ils partagent pourtant le pouvoir. Et l'attitude de ce parti pourrait se révéler déterminante : considéré comme la formation la plus cliéntéliste du pays, il pourrait « lâcher » le Premier ministre et conserve, de surcroît, une importante capacité de mobilisation. Une chose est sûr, à quelques mois des élections législatives de juin prochain, tout débat est encore une fois totalement impossible en Albanie et les politiques du pays semblent toujours privilégier l'épreuve de force.

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