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Aujourd'hui l'économie

La Fed s’apprête à augmenter le loyer de l’argent

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Des dollars américains.
Des dollars américains. Gettyimages

Aux Etats-Unis, on s'attend à ce que la Réserve fédérale annonce ce mercredi une hausse significative des taux d'intérêt. Les Etats-Unis vont donc enfin sortir de cette longue parenthèse d'argent à bon marché.

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Il est temps de serrer la vis du crédit car il n'y a plus l'ombre d'un doute sur la solidité de l'économie américaine. Non seulement la croissance est au beau fixe pour la huitième année consécutive, mais surtout la situation de l'emploi est plus que rassurante. Les créations d'emplois en 2017 sont encore plus importantes qu'en 2016, les salaires sont repartis à la hausse, un indicateur très suivi par Janet Yellen, la présidente de la Fed. Et les prix aussi remontent: alors qu'on a longtemps redouté la déflation, l'inflation est maintenant de 2%.

Les taux d'intérêt américains sont au plus bas depuis une dizaine d'années, pourquoi est-il nécessaire de les relever?

Avec un loyer de l'argent proche de 0, comme c'est le cas aujourd'hui, en cas de crise soudaine, de retour de la récession, la Fed n'aurait plus de levier pour ranimer l'économie. C'est en partie parce qu'elle manquait de marge de manœuvre en 2008 que la Banque centrale des Etats-Unis s'est lancée dans le rachat de dette publique pour injecter de l'argent frais dans les tuyaux. Elle doit aujourd'hui se délester de ces rachats et aussi relever les taux pour reconstituer ses marge de manœuvre.

Les marchés attendent visiblement cette décision avec sérénité

En général les réunions de la Fed rendent les marchés extrêmement fébriles. Mais cette fois c'est différent. Parce qu'ils partagent la même analyse que Janet Yellen, et parce que la Banque centrale a su préparer les esprits à ce virage en épingle avec une série de petits pas mesurés. La Banque centrale des Etats a commencé à relever ses taux en douceur fin 2015. Et en 2016 elle a renoncé à des hausses pourtant prévues faute de visibilité suffisante sur l'état réel de l'économie. Elle devrait, si tout va bien, accélérer le rythme dans les prochains mois. La manœuvre est délicate, il faut à tout prix éviter la sortie de route, c'est-à-dire une panique sur les marchés, une flambée du dollar par exemple.

Cette hausse des taux est-elle compatible avec la politique de relance promise par Donald Trump?

Pas vraiment. Elle pourrait même annuler les effets de la relance fiscale promise par le chef de la maison blanche. Janet Yellen est assez sceptique sur les propositions de Donald Trump. Elle redoute que les taxes protectionnistes sur les marchandises importées du Mexique, de Chine, voire d'Europe que le nouveau président américain veut mettre en place, ajoutées aux baisses d'impôts, alimentent surtout l'inflation sans mettre du carburant dans le moteur de l'économie. Elle a bien l'intention jusqu'à la fin de son mandat, c'est-à-dire pendant encore une année, d'agir en toute indépendance pour préserver l'économie américaine des soubresauts. Au-delà, c'est une autre histoire, Donald Trump qui n'a cessé de la critiquer pendant sa campagne pourrait nommer une personnalité qu'il juge plus en phase avec ses convictions.

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