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Aujourd'hui l'économie

Renault embourbé dans un «Dieselgate» à la française

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Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, le 7 mars 2017. Le rapport circonstancié par Bercy pointe sa responsabilité directe dans l'affaire du «Dieselgate» à la française.
Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, le 7 mars 2017. Le rapport circonstancié par Bercy pointe sa responsabilité directe dans l'affaire du «Dieselgate» à la française. REUTERS/Denis Balibouse

Comme Volkswagen, Renault est soupçonné d'avoir truqué ses moteurs pour fausser les tests sur les émissions polluantes. Les révélations faites mercredi 15 mars par la presse française l'ont confirmé. Depuis, l'action du constructeur automobile plonge à la Bourse de Paris.

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Dans un rapport circonstancié de Bercy, rapport dont le contenu a été partiellement divulgué hier par Libération et l’Agence France presse, on apprend que la fraude est ancienne et répandue. Elle pourrait concerner 800 000 véhicules aujourd’hui en circulation en France. La direction de Renault dément formellement toutes les accusations. Sans convaincre les marchés. Hier, l’action Renault a perdu 4 % à la Bourse de Paris et ce matin elle continue à sombrer alors que le CAC 40 est globalement haussier.

En clair, les investisseurs trouvent que l’affaire commence à sentir le roussi. L’implication de Renault dans un «Dieselgate» en version française paraît de plus en plus évidente. La commission Royal chargée de tester une centaine de véhicules suite à l’affaire Volkswagen avait pointé les défaillances de plusieurs modèles Renault. D’où l’enquête de Bercy. Et ce sont ses conclusions jusqu’à maintenant tenues secrètes, qui ont motivé l’ouverture d’une information judiciaire contre le constructeur français à la mi-janvier. Le rapport pointe la responsabilité directe de Carlos Ghosn.

Que risque le grand patron de Renault-Nissan ?

Le rapport estime que l’ensemble de la chaîne de direction est impliquée, chaîne qui rend compte en dernier ressort à son PDG. Le code de la consommation prévoit une peine de 7 ans de prison contre les personnes reconnues coupables. Mais il faudra pour cela apporter des preuves de sa mise en cause. Sans aller jusqu’aux poursuites en justice, Carlos Ghosn pourrait être contraint à la démission par les actionnaires.

C’est ce qui est arrivé au patron de Volkswagen. Il n’était pas directement mis en cause dans la tromperie révélée par l’agence américaine de l’environnement, mais il a fini par jeter l’éponge. Cela dépendra des dommages financiers causés par le scandale.

Chez Volkswagen la facture dépasse les 20 milliards d’euros

Ce montant astronomique comprend les amendes, les frais de rappel des voitures incriminées, le dédommagement des États victimes d’une pollution accrue, celui des concessionnaires ainsi que les indemnisations versées aux clients américains, tout ce que Volkswagen a préféré payer sans broncher pour mettre fin aux poursuites de la justice américaine. Le scandale a aussi fait fondre la valeur boursière du constructeur allemand. Deux ans plus tard, le constructeur est en passe de digérer cette affaire.

Après avoir fortement baissée en 2015, les ventes se sont reprises l’année suivante, mais elles n’ont pas encore retrouvée le niveau de 2014, c’est l’objectif de l’année 2017 avec les nouveaux modèles présentés en ce moment au salon de Genève. La direction de Renault connaît ses données, si la fraude est avérée, elle sait à quoi le groupe est exposé.

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