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Géorgie: un journaliste azerbaidjanais enlevé

Audio 03:06
Tbilissi, la capitale géorgienne.
Tbilissi, la capitale géorgienne. CC0/uwe975

La Géorgie passe pour un modèle de progrès démocratique dans l’ancien espace soviétique. Et ce, au point d’être devenue depuis une dizaine d’années un refuge pour nombre de ressortissants de plusieurs républiques autoritaires et dictatoriales du voisinage. Mais cela pourrait bien être terminé après l’enlèvement ce 29 mai d’un journaliste azerbaïdjanais en plein Tbilissi, la capitale géorgienne, et retrouvé, le lendemain dans son pays, aux mains de la police.

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Le journaliste Afgan Mukhtarli était réfugié depuis plus de deux ans à Tbilissi, comme beaucoup des voix critiques de l’Azerbaïdjan voisin qui, depuis, 2014 sont obligées de fuir leur pays du fait des menaces qui pèsent sur leur liberté.

Ce lundi 29 mai, il est sorti dans son quartier du centre de Tbilissi pour acheter du pain lorsque plusieurs hommes, parlant géorgien entre eux, selon ce qu’il a dit à son avocat, l’ont enlevé, lui mettant un sac sur la tête avant de le pousser dans une voiture.Le lendemain, il était présenté aux juges de son pays, à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan.

Sitôt après son enlèvement, ses ravisseurs auraient filé vers la frontière, qui n’est qu’à une quarantaine de kilomètres, et l’auraient remis aux autorités azerbaïdjanaises. Celles-ci auraient glissé 10 000 euros dans ses affaires ce qui fait que les juges l’ont inculpé pour passage illégal de la frontière et contrebande.

Aucune demande d’extradition n’a été faite, la procédure s’est déroulée dans l’illégalité la plus totale. Les accusations sont accablantes pour le gouvernement géorgien.

Les réactions à Tbilissi

Bien que le pouvoir nie toute implication, le chef d’Etat, Giorgi Margvelachvili, déplore une menace grave pour l’image du pays. Les Géorgiens qui suivent l’affaire, notamment les défenseurs des droits de l’homme, tendent à penser qu’il y a bien eu une collaboration de la part de la police ou des services de sécurité du pays.

Le soupçon est d’autant plus grand que les autorités géorgiennes ne semblent pas vouloir montrer les vidéos de caméra de surveillance sur le lieu de l’enlèvement ou même au poste de frontière. Ce qui aurait permis de voir ce qu’il s’est passé.

Un air de déjà-vu

La Géorgie étant entourée de pays autoritaires, comme la Russie, voire en pleine dérive dictatoriale comme l’Azerbaïdjan, les pressions se font fortes. Alors que la Géorgie est supposée être devenue une sorte de refuge pour les opposants de la région, quelques dossiers inquiètent dont celui d’un ressortissant turc, Mustafa Emre Çabuk.

Professeur d’une école appartenant au réseau de Fehullah Gülen, ce leader musulman que le président turc Erdogan considère comme l’ennemi de son régime et n’hésite pas à emprisonner les partisans du réseau par milliers.

Mais dans ce cas-là, une demande d’extradition a été faite. Tbilissi semble tentée d’y accéder, malgré les risques de mauvais traitements dans son pays, voire de torture... tout comme le journaliste d’opposition azerbaïdjanais Afgan Mukhtarli.

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