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Chronique des matières premières

Le commerce de viande bovine interdit en Inde, ex-champion mondial

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Une rangée de pièces de boeufs dans un abattoir.
Une rangée de pièces de boeufs dans un abattoir. Thomas Bjørkan/wikimedia.org

En Inde, le gouvernement Modi a interdit le transport de bétail vers les abattoirs. Ce qui condamne le commerce de viande bovine en Inde, pourtant l’un des premiers exportateurs mondiaux.

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L’Inde va durablement perdre son rang de premier exportateur mondial de bœuf, qu’elle avait ravi au Brésil en 2014. Elle pourrait même devoir importer du bœuf, désormais !

Depuis moins d’un mois, il est interdit de transporter du bétail vers les abattoirs dans tout le pays. Interdiction de transporter non seulement les zébus - sacrés chez les hindouistes - mais aussi interdiction pour les buffles et les chameaux, ces deux viandes sont largement consommées, transformées et vendues par les musulmans indiens et les intouchables. La raison invoquée ? Le bien-être animal. Pourtant la volaille n’est pas concernée, malgré des conditions d’élevage et d’abattage encore terrifiantes, observe Jean-Joseph Boillot, spécialiste de l’économie indienne.

Le Premier ministre Narendra Modi déploie un programme nationaliste hindou ultra pour préparer les élections de 2019. Son arrêté fédéral, signé juste avant le début du ramadan et désavoué même au sein de son parti, le BJP, vient conforter les précédentes interdictions dans certains États, dont l’Uttar Pradesh, qui a élu un leader hindouiste en mars dernier.

Depuis quelques mois, les transporteurs de bétail s’exposent au lynchage en Inde. Un climat qui a déjà fait reculer le commerce du bœuf au cours de l’an dernier.
Mais avec 1 million 600 000 tonnes encore exportées en 2016 (source Interbev), l’Inde occupe encore le trio de tête, derrière l’Australie et le Brésil. Une viande de bœuf indienne plutôt bas de gamme et congelée, précise Jean-Paul Simier, expert de ces marchés, qui part vers le Bangladesh, le Moyen-Orient (15 %), l’Asie du Sud-Est (10 %), l’Afrique (moins de 10 %), et surtout pour moitié vers le Vietnam, antichambre commerciale de la Chine, premier importateur de bœuf au monde.

L’éclipse de l’Inde qui pourrait être durable, sur le marché du bœuf, va bénéficier aux autres grands exportateurs : Brésil, Australie, États-Unis, Europe et re-segmenter le marché. L’Algérie, se réjouit Guy Hermouet, le président de la section bovine d’Interbev, l’interprofession française du bétail et des viandes, est déjà en train de substituer une partie de ses importations de bœuf indien, massives jusqu’à présent, par un peu de viande française.

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