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Aujourd'hui l'économie

Nestlé chahuté par un fonds activiste

Audio 03:07
L'entreprise Nestlé est sommée par son nouvel actionnaire Third Point de faire le tri parmi ses 2000 marques, et de conserver les plus utiles à sa croissance future.
L'entreprise Nestlé est sommée par son nouvel actionnaire Third Point de faire le tri parmi ses 2000 marques, et de conserver les plus utiles à sa croissance future. REUTERS/Denis Balibouse

Nestlé s'est réveillé hier matin avec un nouvel actionnaire : Third Point. Ce fonds américain dit « activiste » a pris une participation dans le capital du géant suisse de l'agroalimentaire pour le contraindre à revoir sa stratégie de fond en comble.

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Third Point a réalisé la plus grosse opération de son histoire en acquérant à peine plus de 1 % du capital de Nestlé. Dans une belle lettre adressée à ses investisseurs il s’en explique : la vache à lait Nestlé s’est endormie au pré estime le fonds américain ; elle doit se réveiller pour doper ses marges et par extension les dividendes versés.

La multinationale est ensuite sommée par son nouvel actionnaire de faire le tri parmi ses 2 000 marques, et de conserver les plus utiles à sa croissance future. Enfin, Third Point demande à Nestlé de vendre sa participation dans L’Oréal et de faire bon usage des 25 milliards de dollars ainsi récupérés.

En Europe, c’est la première fois qu’un fonds activiste ose s’attaquer à une aussi grosse cible

Ces fonds activistes sont apparus il y a une quinzaine d’années aux États-Unis. Leur objectif n’est pas de racheter une entreprise, mais de la contraindre à faire la chasse au gaspi pour la rendre plus profitable et donc plus performante en Bourse. Third Point s’est déjà attaqué à Sony, à Yahoo!, à Dupont. Dans le secteur de l’agroalimentaire, tout le monde connaît le fonds d’investissement brésilien 3G qui a pris le contrôle de Kraft Foods pour lui imposer un traitement de cheval.

Aujourd’hui, les marges du groupe américain sont de 20 %, celle du Suisse Nestlé de 15 %. L’intervention de ces « chamboule-tout » est souvent mal vécue à l’intérieur du groupe visé, mais elle peut aussi être appréciée, surtout par les actionnaires.

L’assaut de Third Point a fait grimper l’action de Nestlé

Elle est montée à + 4 % hier. Sa plus forte hausse depuis 2011. Le marché se réjouit de l’intrusion du fonds américain. En secouant le cocotier, Third Point va peut-être faciliter la tâche du nouveau patron du groupe, suggère un analyste. Marc Schneider est arrivé au début de l’année et il est en train de passer en revue toutes les activités de Nestlé pour relancer des ventes qui s’essoufflent depuis quatre ans.

Il faut aussi repenser le modèle de la nourriture industrielle de plus en plus rejetée par les consommateurs. Mais ce nouveau patron ne partage pas forcément de bout en bout l’analyse du fonds. Il considère par exemple que la participation dans L’Oréal est stratégique et plutôt rentable sur le plan financier. Ses décisions seront connues en septembre, on verra alors quel impact auront eu les injonctions du fonds activiste.

Le géant suisse est-il menacé par une offre publique d’achat ?

Le numéro un mondial de l’agroalimentaire est protégé par sa taille. Mais pas forcément pour très longtemps. Une vague de concentration née aux États-Unis a renforcé ses concurrents. Il y a quelques mois, Kraft Foods, un poids moyen dopé par son régime minceur est parti à l’assaut d’Unilever, le numéro 3 mondial.

Il a finalement renoncé, mais la vague court toujours. Le Français Danone, le numéro 5 de l’agroalimentaire, lui aussi à la recherche d’un nouveau souffle, pourrait bien être la prochaine cible.

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