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Revue de presse Afrique

A la Une: le G5 Sahel

Audio 04:27
Mohamed Ould Abdel Aziz et Emmanuel Macron au G5 Sahel le 2 juillet 2017.
Mohamed Ould Abdel Aziz et Emmanuel Macron au G5 Sahel le 2 juillet 2017. REUTERS/Christophe Archambault/Pool

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Les dirigeants des pays du G5 Sahel (Mali, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso et Niger), en présence du président français, Emmanuel Macron, ont donc acté, hier à Bamako, la constitution d’une force anti-djihadiste conjointe et débloqué des fonds pour commencer son déploiement en septembre-octobre.

Ce matin, les réactions sont plutôt mitigées dans la presse de la sous-région…

« Les pays du G5 Sahel pourront-ils relever ces défis ?, s’interroge Le Sursaut à Bamako. Oui, répond-il, si l’on en juge par la manière dont certains de ces pays s’y sont pris pour gérer l’espace sahélien ; non, s’y l’on se réfère à la pratique qui fut, dans un passé récent, celle du Mali.

Formulons deux souhaits, poursuit Le Sursaut : que ce G5 Sahel ne soit pas un cadre destiné à défendre les intérêts des puissances d’argent présentes au Sahel à travers divers investissements ne nous profitant nullement ; et que la fermeté affichée par les Mauritaniens, les Nigériens et les Tchadiens nous inspire, au moment où il est question de porter l’effectif des forces militaires de 5 000 à 10 000 hommes et de dépenser 200 millions d’euros en cinq ans à travers les forces conjointes. »

L’Indicateur du Renouveau, toujours à Bamako, affiche également son scepticisme ; pour lui, c’est au peuple malien de se prendre en charge : « il nous appartient, écrit L’Indicateur, de pallier la défaillance de nos politiques : en disant non au blocus de Kidal et aux exactions des extrémistes à la solde de Iyad Ag Ghali à travers une mobilisation générale soutenue et sans précédent. Les récentes manifs des partisans et adversaires de la révision constitutionnelle prouvent que notre peuple a encore beaucoup de ressorts pour mettre fin à la chienlit. Il suffit juste que les uns et les autres regardent dans la même direction : la défense de l’honneur et de la dignité du Mali. Sans malice… »

Aux Africains de se prendre en main

En tout cas, déjà, s’exclame Wakat Séra au Burkina, « si les dirigeants du G5 Sahel tiennent parole et délient le cordon de la bourse pour en sortir les 10 millions d’euros que chacun d’eux doit miser pour lancer la machine, le G5 Sahel connaîtra certainement des jours heureux. Le budget de 423 millions d’euros nécessaire pour son fonctionnement sera certes loin, et très loin, d’être bouclé mais les Africains auront pris en main leur sécurité et déploieront davantage d’efforts pour venir à bout de l’hydre qui plombe désormais tout espoir de développement du continent. Après près de 60 ans d’indépendance dans la dépendance, il est temps que les Africains mettent fin à cette vie d’éternels assistés qui les contraint à tendre la sébile partout. »

L’argent est en effet le nerf de la guerre, renchérit L’Observateur Paalga, et on est loin du compte… « Que vaut la bonne volonté de pays qui vivent en partie grâce à l’aide internationale dans une affaire qui nécessite des gros sous ? Pas grand-chose, soupire le quotidien burkinabé. A l’ouverture du Sommet, Emmanuel Macron a multiplié les bonnes annonces comme les promesses de 8 millions d’euros pour soutenir le volet militaire d’ici fin 2017 et le déblocage de 200 millions d’euros dans les cinq années à venir dans le cadre de l’aide au développement. L’hôte de l’Elysée s’est également engagé à faire du lobbying auprès de la communauté internationale. Mais, s’interroge L’Observateur Paalga, cette opération de charme pourra-t-elle prospérer auprès de certains grands potentiels contributeurs, comme les Etats-Unis, dont le président n’entend pas parier le moindre billet vert sur la capacité des Africains à casser du terroriste ? Autant dire, conclut le quotidien ouagalais, que la marche de la Force G5 Sahel, qui vient d’être enclenchée en terre malienne et que nous espérons victorieuse, sera laborieuse, longue et périlleuse. »

En tout cas, attention, prévient Ledjely.com en Guinée, « aucune bataille ne saurait être remportée contre les terroristes si l’implication des pays concernés n’est que feinte. Or, il se susurre notamment que les autorités maliennes envisagent des négociations avec Iyad Ag Ghali, le patron d’Ansar Dine. De même, des indiscrétions font état d’accords tacites entre la Mauritanie et les mouvances terroristes de la région. Des informations qui, si elles sont confirmées, tendraient à faire croire, conclut Ledjely, que tous les acteurs ne sont pas nécessairement sincères dans la dynamique qu’on essaie de mettre en place. »

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