Accéder au contenu principal
Aujourd'hui l'économie

Pourquoi les sanctions économiques contre la Corée du Nord ont échoué?

Audio 03:05
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un participe à une réunion avec la Présidence du Bureau politique du Comité central du Parti des travailleurs de Corée dans cette photo non datée publiée par KCNA à Pyongyang le 4 septembre 2017.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un participe à une réunion avec la Présidence du Bureau politique du Comité central du Parti des travailleurs de Corée dans cette photo non datée publiée par KCNA à Pyongyang le 4 septembre 2017. KCNA via REUTERS

En réaction au nouveau tir de missile de la Corée du Nord, Donald Trump envisage de recourir à la force armée. Une reconnaissance implicite de l’inefficacité des sanctions économiques ?

Publicité

Le tout dernier train de sanctions économiques voté il y a à peine un mois contre la Corée du Nord est le plus strict jamais adopté contre un pays, c'est ce qu'a alors déclaré Nikki Haley, l'ambassadrice américaine aux Nations unies, convaincue que cette nouvelle salve allait enfin mettre à terre le régime de Kim Jong-Un. Avec ce vote réduisant les exportations nord-coréennes de minerai de fer ou de plomb, le pays paria allait perdre un milliard de dollars de recettes soit le tiers de ces revenus pourvoyeur de devises.

Cela n’a pas beaucoup impressionné cet Etat obstiné. Les essais nucléaires ont donc continué. Ce qui s'est passé ces dernières semaines n'est pas très nouveau : depuis 2006, la Corée du Nord a été sept fois l'objet de votes de sanctions aux Nations Unies et depuis cette date, elle a réalisé six essais nucléaires. Conformément à son objectif et malgré les sanctions, elle est en train d'accéder au statut de puissance atomique.

Pourquoi l'arme économique ne marche pas dans le cas de la Corée du Nord ?

D'abord parce que le principal partenaire commercial de la Corée du Nord, la Chine, ne joue pas toujours le jeu. Pékin a par exemple acheté deux fois plus de charbon à Pyongyang que le volume autorisé par les sanctions. Ensuite parce que ce régime habitué à vivre isolé du monde a développé des stratégies de dissimulation extrêmement sophistiquées pour contourner les mesures de rétorsion.

Avec une kyrielle de sociétés écrans basées notamment en Malaisie, mais aussi en Chine, juste de l'autre côté de la frontière. Parfois avec la complicité de sociétés amies, des sociétés chinoises, ou de personnes, un banquier britannique a aidé le régime à créer une société offshore servant à vendre des armes et à poursuivre le programme nucléaire. Enfin le régime dispose des revenus et des compétences des Nord-Coréens de l'extérieur, sur lesquels il est difficile d'avoir prise.

Pourquoi persister dans les sanctions économiques ?

Les différents protagonistes impliqués dans la crise nucléaire nord-coréenne, c'est-à-dire la Corée du Sud, le Japon, les Etats-Unis, la Chine, et la Russie ont des intérêts très divergents. Ces sanctions sont certes peu efficaces mais elles ont été jusqu'à maintenant le plus petit dénominateur commun entre toutes les parties impliquées. Elles ne sont pas en soi la solution à une crise mais un moyen parmi d'autres qui a le mérite d'être pacifique et légal pour progresser vers une issue satisfaisante pour toutes les parties.

Les résultats sont peut-être dérisoires, mais l'expérience démontre qu'à long terme, les sanctions ont un impact désastreux sur le moral des populations, sur l'image du pays. C'est une véritable guerre d'usure. Dans le cas d'un régime dictatorial et hyper nationaliste comme celui de la Corée du Nord, l'effet reste à prouver. Faute de plan B, c'est encore la seule alternative aujourd'hui sur la table. Séoul, Tokyo, mais aussi Paris et Berlin en appellent à un durcissement des sanctions et Washington prépare une série de mesures contre tous ceux qui osent encore échanger avec la Corée du Nord.

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.