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Aujourd'hui l'économie

Grèce: Macron en visite pour accompagner le retour d'une croissance timide

Audio 03:12
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président français Emmanuel Macron lors de son premier sommet européen à Bruxelles, le 22 juin 2017.
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président français Emmanuel Macron lors de son premier sommet européen à Bruxelles, le 22 juin 2017. ©EMMANUEL DUNAND/AFP

Emmanuel Macron se rendra demain jeudi et vendredi en Grèce. Le pays, après des années de récession, retrouve très timidement la croissance. Le président français, qui se présente comme un allié politique d'Athènes, vient justement délivrer un message de confiance. Il arrive accompagné de son épouse et d'une quarantaine de chefs d'entreprise afin de confirmer le pays comme un partenaire économique de premier plan.

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En Grèce, la réalité économique du pays est encore presque uniquement l'objet d'inquiétudes avec une dette publique représentant 179% du PIB, soit 315 milliards d'euros, une dépendance toujours accrue envers les créanciers que sont l'Union européenne et le FMI et une politique d'austérité qui paupérise une grande partie de la population. Depuis quelques semaines, pourtant, les discours politiques tendent à l'optimisme, à commencer par ceux du Premier ministre Alexis Tsipras.

Il faut dire qu'au deuxième trimestre, la croissance affichait 0,5%, marquant la fin de presque une décennie de récession. Le pays rêve d'une croissance de 1,5 % cette année. Des chiffres qui doivent beaucoup au tourisme, principale activité après la marine marchande. 30 millions de visiteurs devraient se prélasser sur les plages et déambuler au pied de l'Acropole cette année contre 25 millions l'année dernière. Un record.

Tous les interlocuteurs le disent, tant Français que Grecs. La France jouit d'un capital sympathie important. Il existe une francophilie historique sur laquelle ne se priveront pas de surfer les entrepreneurs français. Avec Emmanuel Macron et son ministre de l'Economie Bruno Lemaire, ce jeudi, il y aura des dirigeants de PME et une dizaine de grands patrons. EDF, Engie, Sanofi, Suez, ou encore Total mais aussi la Banque publique d'investissement. L'artillerie lourde, en somme, pour montrer que la France est prête à accompagner la Grèce sur le chemin de la croissance, selon les mots de l'Elysée.

Des sociétés françaises dont certaines sont associées au vaste mouvement de privatisation des actifs publics grecs, programme très controversé. Ainsi, le leader français du transport maritime CMA CGM vient de remporter le port de Thessalonique, dans le cadre d'un consortium avec l'Allemagne. Suez environnement veut toujours rafler le contrôle de la compagnie des eaux d'Athènes. L'objectif, c'est de tailler des croupières aux concurrents extra-européens. D'abord les entreprises chinoises, dont l'une d'elles, Cosco, a pris le contrôle du port de la capitale Le Pirée, l'année dernière.

En parallèle, beaucoup de domaines d'avenir attirent les entreprises françaises. Les énergies renouvelables intéressent EDF. C'est un secteur encore trop peu développé malgré le potentiel du pays, signataire de l'accord de Paris sur le climat. Il y a encore tout ce qui a trait à la modernisation de l'administration grecque. Il s'agit d'un gros chantier entrepris par le gouvernement Tsipras, avec le soutien de Bruxelles. La Grèce dispose d’une enveloppe de 20,8 milliards de fonds européens pour la période 2014-2020.

L'objectif sous-jacent de la France est politique. Avec cette visite, Emmanuel Macron veut redonner du souffle au projet européen. Face à l'Acropole, il plaidera pour la refondation du Pacte fondateur de l'Europe. Quant à Athènes, elle attend du président français qu'il se prononce pour un allégement de la dette publique. Ce qui équivaudrait à prendre à contre-pied la position de l'Allemagne, qui s'est toujours montrée intransigeante sur la question.

Alors que le FMI lui-même l'a affirmé : le principal obstacle au retour de l'investissement étranger en Grèce, c'est bel et bien le niveau de la dette.

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