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Bonjour l'Europe

Berlin: les clubs de plus en plus menacés

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Vue extérieure d'un des clubs les plus mondialement connus de Berlin: le Berghain.
Vue extérieure d'un des clubs les plus mondialement connus de Berlin: le Berghain. AFP/Alina Novopashina

Chaque année des millions de jeunes venus de toute l’Europe se rendent à Berlin, souvent pour y faire la fête dans les légendaires clubs de la ville. Mais près de 30 ans après la chute du Mur, la ville a bien changé. Menacés par la spéculation immobilière et la « boboïsation » du centre-ville, de plus en plus de clubs doivent mettre la clé sous la porte. La municipalité a décidé de réagir.

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La culture légendaire des clubs berlinois est liée à la chute du Mur. Au début des années 90, des surfaces considérables sont libérées par l’effondrement de l’industrie est-allemande. Des immeubles entiers ont été abandonnés par leurs habitants, partis chercher du travail à l’ouest. Partout, des squats s’installent dans la partie est de la ville et personne ne sait vraiment à qui appartiennent ces biens immobiliers.

Il règne à Berlin un chaos très propice au développement d’une culture alternative et de nombreux clubs plus ou moins sauvages s’installent dans des zones souvent désertiques ou abandonnées. Mais les choses changent dix ans plus tard. Avec les années 2000 arrive la spéculation. La ville se développe, de plus en plus de gens viennent s’y installer, l’espace urbain commence à manquer. Les clubs sont alors l’une des premières victimes de la spéculation immobilière.

Entre 2011 et 2015, 170 clubs disparaissent, dont certains très célèbres comme le Trésor, WMF ou Bunker. Souvent, parce que la ruine industrielle qu’ils occupaient a été rachetée par un investisseur. En Allemagne, il n’y a aucun encadrement des loyers commerciaux. En clair, un propriétaire peut exiger du jour au lendemain le double du loyer. Autre problème, la construction de nouveaux immeubles d’habitation dans les quartiers branchés, jadis habités par des clubbeurs entre temps devenus parents et gênés par le bruit causé par la vie nocturne. A l’heure actuelle, une dizaine d’établissements nocturnes sont menacés de devoir fermer à la suite de plaintes des riverains, dont le célèbre Yaam, la Kulturbrauerei ou Birgit & Bier.

La réaction de la municipalité chiffrée

Le parlement régional de Berlin a décidé de débloquer une première enveloppe d’un million d’euros pour aider les clubs à améliorer l’isolation acoustique et à engager du personnel qui pourra jouer un rôle de médiation dans les conflits de plus en plus nombreux qui opposent clubs et riverains « boboïsés », excédés par la nuisance sonore. Bien souvent, lorsque des riverains portent plainte contre des discothèques pour tapage nocturne, les établissements n’ont d’autre choix que de fermer.

Depuis longtemps déjà, les autorités berlinoises sont conscientes du potentiel économique que représentent les quelques 500 clubs de la ville. Des milliers de salariés travaillent dans ce secteur. Des millions de touristes viennent chaque année à Berlin aussi pour fréquenter les clubs de la ville. De plus, les clubs de Berlin se sont organisés, pour défendre leurs intérêts.

Un lobby des clubs

220 clubs, parmi les plus connus de la ville, ont donné naissance en 2001 à un syndicat de la branche, la Club Commission, chargée de défendre leurs intérêts. A ses débuts, il s’agissait surtout de gérer le dossier des drogues chimiques consommées par les ravers, occasionnant de nombreuses descentes de police dans les établissements. Aujourd’hui, la Club Commission organise chaque année des rencontres internationales avec les clubs d’autres villes européennes ou d’outre-Atlantique. Il est question de spéculation immobilière, de prix d’entrée, d’isolation sonore, de hausses des loyers. Avec le déblocage d’un million d’euros pour voler au secours des clubs en difficulté, la Club Commission a remporté hier un premier succès concret. Mais la commission a d’autres revendications. La principale, soutenue par les Verts et les néocommunistes : qu’un pourcentage de mètres carrés soit conservé au sein de chaque projet immobilier d’envergure, pour la culture alternative, qu’il s’agisse de clubs, de galeries d’art ou d’ateliers.

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