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Les preuves, des faits

Polémique sur le nombre de réfugiés en exil entre le gouvernement burundais et le HCR

Audio 02:49
Kagunga, sur le lac Tanganyika, côté tanzanien. Les réfugiés burundais sont en grande majorité des enfants.
Kagunga, sur le lac Tanganyika, côté tanzanien. Les réfugiés burundais sont en grande majorité des enfants. REUTERS/Thomas

Une polémique oppose depuis plus d'une année le HCR et le pouvoir burundais sur le nombre de Burundais qui ont fui en exil depuis que ce pays d'Afrique des Grands Lacs est plongé dans une grave crise politique, née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat en avril 2015 et qu'il a obtenu depuis lors. Mais jusqu'ici, le gouvernement ne donnait pas de chiffres précis, contrairement au Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés. C'est chose faite maintenant et ça permet d'y voir plus clair. C'est le président Pierre Nkurunziza qui a donné ce chiffre.

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Le président Pierre Nkurunziza a profité de son discours de présentation de vœux de fin d'années, pour annoncer que plus de 215 000 Burundais qui avaient fui en exil depuis le début de cette crise sont déjà rentrés. Il a même ajouté que 40 000 autres avaient déjà manifesté leur volonté de retourner au Burundi et s'étaient fait inscrire sur les listes du HCR. Mais il s'est gardé de donner un chiffre sur le nombre de Burundais qui vivent toujours en exil.

Mais vous avez pu en savoir plus ?

Le ministère burundais de l'Intérieur que j'ai contacté entre-temps a donné un peu plus de précisions sur cette question. Selon les estimations de son porte-parole, Thérence Ntahiraja, quelque 260 000 Burundais ont fui le pays depuis avril 2015.
Depuis, quelque 185 000 ont regagné le Burundi entre janvier 2016 et septembre 2017, grâce à la paix retrouvée dans le pays. Enfin, il y a eu environ 12 000 rapatriés volontaires, ramenés par le HCR. Ce qui fait qu'il reste très peu de réfugiés burundais à l'étranger et, selon lui, tous ont manifesté leur volonté de rentrer si on en croit ses chiffres.

Ce qui ne correspond pas du tout aux données du Haut-Commissariat de l'ONU ?

Selon cette organisation, il y a aujourd'hui plus de 410 000 Burundais qui ont fui en exil et qui vivent dans des camps situés dans les pays voisins du Burundi, dont plus de la moitié rien qu'en Tanzanie. Le reste se répartit entre le Rwanda, la République démocratique du Congo mais aussi l'Ouganda. Environ six camps qui ont tous pignon sur rue.

Comment expliquez-vous des chiffres aussi différents ?

Pour justifier cette différence, le porte-parole du ministère burundais de l'Intérieur explique que les près de 200 000 réfugiés qui seraient rentrés d'exil sont ceux, qu'on appelle dans le jargon du HCR, des rapatriés volontaires, c'est-à-dire qu'ils n'ont jamais mis les pieds dans les camps gérés par le HCR, ce qui les rend plutôt invisibles. Mais cela ne fait pas le compte, du coup, le gouvernement burundais accuse le HCR de manipuler les chiffres dans le but de continuer à se faire de l'argent sur le dos des réfugiés en quelque sorte.

Et que répond le HCR ?

Le HCR n'a jamais voulu verser dans la polémique, il continue de plaider la cause des réfugiés Burundais, qui vivent dans des conditions très difficiles.

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