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Chronique des matières premières

Métaux rares: la face cachée de la transition énergétique

Audio 01:56
«Creuseurs» sur le site minier (cuivre et cobalt) de Kawana en RDC.
«Creuseurs» sur le site minier (cuivre et cobalt) de Kawana en RDC. Michael Robinson Chavez/Getty

Les énergies renouvelables vont-elles nous plonger dans une nouvelle dépendance aux métaux rares ? Causer des dégâts environnementaux plus graves que les énergies fossiles ? C’est la thèse de Guillaume Pitron, dans son premier ouvrage : « La guerre des métaux rares ».

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« La guerre des métaux rares, la face cachée de la transition énergétique et numérique ». C’est le titre d’un livre coup de poing. Selon son auteur, Guillaume Pitron, l’essor des énergies renouvelables et du véhicule électrique nous mène à des désordres écologiques plus graves que le pétrole, le gaz et le charbon.

« Un monde plus vert tributaire de métaux sales »

« Des désordres plus sournois parce que loin du regard des consommateurs ». C’est « une transition énergétique pour les classes les plus aisées, parce qu’elle dépollue les centres-ville, pour mieux lester de ses impacts réels les zones les plus miséreuses et éloignées des regards ». Que ce soit les quelque 10 000 mines chinoises de terres rares nécessaires aux aimants permanents des moteurs électriques ou d’éoliennes, qui ont ruiné l’environnement et la santé des riverains à coup de produits chimiques dans les cours d’eau... L’auteur nous décrit en particulier cet immense réservoir d’eau noirâtre provenant des raffineries chinoises de terres rares de la région de Baotou, en Mongolie intérieure, près d’un village rebaptisé le « village du cancer » ; les conséquences sanitaires de l’exploitation du cobalt en RDC ; ou l’énorme consommation d’eau et d’énergie nécessaires à l’extraction du lithium dans les « salars » désertiques d’Argentine et du Chili...

24 fois plus de cobalt en 2030

Bref, « un monde plus vert tributaire de métaux sales ». C’est « la part d’ombre des technologies vertes, mais aussi numériques », pour piloter les réseaux intelligents d’électricité. Elles vont consommer des quantités croissantes de métaux, et en particulier de métaux rares. « À l’horizon 2030, rappelle Guillaume Pitron, la demande de germanium va doubler, celle de dysprosium et de tantale quadrupler. Le marché du scandium pourrait être multiplié par neuf et celui du cobalt par 24... En clair ça va être la ruée ». Or le recyclage de ces métaux souvent mélangés à d’autres matériaux, est encore une utopie. Et l’Occident ne produit plus ces métaux rares. L’auteur rappelle comment le Français Rhodia qui raffinait la moitié des terres rares mondiales, a tout abandonné à la Chine.

Souveraineté en danger

C'est le danger d’une dépendance accrue. D’autant que la Chine calcule à long terme pour capturer toute la chaîne de valeur des industries vertes. Même l’industrie américaine de défense, rappelle Guillaume Pitron, dépend aujourd’hui des aimants permanents fabriqués en Chine.

 

À lire ► Guillaume Pitron. « La guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique », Les liens qui libèrent, janvier 2018, préface d’Hubert Védrine.

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