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Chronique des matières premières

Face à l'envolée des cours du cobalt, le recyclage fait son chemin

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Un travailleur dans une mine de cobalt, près de Lubumbashi.
Un travailleur dans une mine de cobalt, près de Lubumbashi. AFP/Federico Scoppa

C'est l'ingrédient-clé des batteries électriques. Le cobalt a vu ses cours quasiment tripler depuis le début de l'année dernière. La RDC, qui produit la moitié de l'offre mondiale, est sur le point de multiplier par cinq ses redevances sur ce métal stratégique. Alors les fabricants de batteries cherchent à économiser la ressource et à recycler le cobalt des vieux téléphones

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Comment consommer moins de cobalt, pour calmer les prix du métal gris ? L’idée du recyclage qui ne semblait pas évident techniquement aux industriels fait son chemin. Le premier fabricant mondial de batteries électriques Samsung SDI vient d’annoncer cette semaine qu’il comptait recycler désormais le cobalt contenu dans les vieux smartphones.

La filiale du géant coréen fait aussi des recherches pour utiliser dans ses batteries lithium-ion beaucoup moins de cobalt, voire pas de cobalt du tout. Samsung SDI aurait ainsi mis au point un prototype de batterie de véhicule électrique contenant moins de 5 % de cobalt et 90 % de nickel.

10 % de redevance en RDC

Sans solution de recyclage ou de substitution, les cours du cobalt vont continuer de s’envoler. La tonne de cobalt est déjà passée de 30 000 dollars au début de l’année dernière à plus de 81 000 dollars aujourd’hui, son prix a quasiment triplé en un peu plus d’un an. La hausse s’est accélérée depuis la mi-janvier lorsque les autorités de Kinshasa ont annoncé une réforme de leur code minier, dans un pays, la République démocratique du Congo qui produit plus de la moitié de l’offre mondiale.

Dans la dernière mouture de ce code, la redevance passerait de 2 % à 10 % sur les métaux stratégiques de RDC, dont bien sûr le cobalt. La taxe sur les superprofits serait supérieure à 50 %. Ce qui veut dire que le métal congolais coûtera plus cher sur le marché mondial.

Demande de cobalt multipliée par huit en 2026

Difficile à concilier avec les projections de consommation pour les véhicules électriques. La demande annuelle de cobalt devrait passer de 12 000 tonnes aujourd’hui à 95 000 tonnes dans dix ans, une multiplication par huit, selon les analystes matières premières de CRU. Or 10 % de la production annuelle de cobalt finit dans les téléphones portables et il y en aurait déjà plus d’un milliard et demi. « C’est un gisement incroyable totalement inexploité », estime le PDG d’Umicore, un des plus grands producteurs de cathodes pour les batteries des véhicules électriques.

Lorsque ce gisement de smartphones stagnera, anticipe déjà Samsung, il faudra extraire le cobalt des batteries des véhicules électriques mises à leur tour à la casse. Selon les projections d’un consultant australien spécialisé dans les déchets, Randell Environmental Consulting, le nombre de batteries lithium-ion mises au rebut devrait augmenter de 20 % par an, de 50 % par an rien que pour les vieilles batteries de voitures électriques. Un gisement effectivement extraordinaire.

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