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Chronique des matières premières

Pénurie de sel en Indonésie: le dilemme entre autosuffisance et pouvoir d'achat

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En Indonésie, la production locale de sel est restée très artisanale et elle est soumise aux aléas climatiques. Photo : Village de Talise, le 10 mars 2018.
En Indonésie, la production locale de sel est restée très artisanale et elle est soumise aux aléas climatiques. Photo : Village de Talise, le 10 mars 2018. ©Antara Foto/Mohammad Hamzah/ via REUTERS

Depuis des semaines, le sel manque en Indonésie. Le président Widodo vient d'autoriser plus d'importations, au risque de mécontenter les producteurs indonésiens de sel.

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La pénurie de sel en Indonésie illustre l'éternel dilemme entre autosuffisance et pouvoir d'achat. Cet archipel dispose du rivage maritime parmi les plus longs au monde, ponctués de fermes salines depuis toujours. Mais la production locale de sel est restée très artisanale et elle est soumise aux aléas climatiques, notamment des excès d'humidité qui peuvent empêcher une bonne évaporation dans les bassins et réduire la récolte de sel à néant, comme en 2016. Le million de tonnes de sel indonésien prévu cette année sera très loin de suffire à la consommation du pays, elle est évaluée à 4 millions de tonnes en 2018, en augmentation d'année en année, pour toutes les industries du pays.

Fabricants de nouilles… sans sel

L'industrie agroalimentaire indonésienne s'est en particulier retrouvée en situation de pénurie de sel. Et notamment les fabricants de nouilles instantanées, dont l'Indonésie consomme des quantités phénoménales, au point que ce pays est devenu le premier importateur de blé au monde, devant l'Egypte.

Mais justement, la facture alimentaire est de plus en plus salée, c'est mauvais pour la balance commerciale. D'où les quotas qui prévalaient pour limiter les achats de sel à l'étranger, puisque l'Indonésie en produit. Les montants de ces quotas annuels étaient décidés par le ministère de la Pêche, ils étaient donc très conservateurs, pour préserver l'activité des sauniers indonésiens. Même si cette production locale n'avait pas la qualité requise par l'industrie et que son prix, 2000 à 3000 roupies soit 12 à 20 centimes d'euros le kilo, était trois fois plus élevé que le sel importé d'Australie.

Quotas d’importation assouplis

Finalement, l'industrie agro-alimentaire indonésienne a tout de même gagné, au moins provisoirement, contre les sauniers locaux. Le président Widodo lui-même a autorisé des achats plus importants de sel à l'étranger, alors qu'il soutenait jusqu'à présent la production indonésienne et notamment des projets de nouveaux marais salants sur les rives des petites iles de la Sonde.

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