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Chronique des médias

Kretinsky, le nouveau roi tchèque des médias

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Le 8 mars 2018, Daniel Kretinsky, président du groupe énergétique EPH, à l'occasion d'une table ronde des chefs d'entreprise européens à Downing Street, Londres. Daniel Kretinsky est copropriétaire du groupe tchèque de médias Czech Media Invest (CMI).
Le 8 mars 2018, Daniel Kretinsky, président du groupe énergétique EPH, à l'occasion d'une table ronde des chefs d'entreprise européens à Downing Street, Londres. Daniel Kretinsky est copropriétaire du groupe tchèque de médias Czech Media Invest (CMI). Tolga Akmen / AFP

Un groupe tchèque, CMI, fait son apparition dans le paysage des médias français avec l’acquisition annoncée de nombreux radios et magazines du groupe Lagardère.

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Il fut un temps, pas si lointain, où le groupe Lagardère était avec Hachette Filipacchi le numéro un mondial de la presse magazine, fort de 102 titres dans le monde. Et puis Arnaud Lagardère, l’héritier, a commencé à dépecer cet empire en 2007 en vendant ses quotidiens régionaux, Nice Matin et La Provence, puis, en 2011, sa branche de presse internationale à l’exception du Elle français et enfin l’ensemble de ses magazines, Psychologies puis Télé 7 Jours ou Elle, dont il ne garde que la gestion de la marque.

L’acquéreur d’aujourd’hui n’est pas Hearst, ce géant américain auquel il avait vendu ses magazines dans le monde il y a sept ans, mais Czech Media Invest, du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Arnaud Lagardère négocie avec lui à fois la vente de ses radios en République tchèque, Pologne, Roumanie et Slovaquie et la cession de ses derniers titres de presse, à l’exception du Journal du dimanche et de Paris Match, qui sont – tout comme Europe 1   des outils d’influence politique.

Alors qui est Daniel Kretinsky, cet oligarque de 42 ans qui possède, comme Lagardère, le leader de l’édition dans son pays ? On sait qu’il a fait fortune dans l’énergie au point de détenir le septième groupe d’électricité en Europe, EPH, en rachetant les centrales de charbon à une époque où on ne pariait plus sur l’énergie thermique. Daniel Kretinsky contrôle au total une cinquantaine de sociétés en République tchèque, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Hongrie ou en Italie. Il est copropriétaire d’un club de foot, le Sparta Prague, et il continue de croire à la presse et aux journaux puisqu’il possède des imprimeries, quatre quotidiens, dont les populaires Blesk et Ahah, le journal Sport et l’un des principaux hebdos du pays, Reflex. En 2013, Kretinsky a changé de dimension en rachetant avec le slovaque Patrik Tkak la coentreprise tchèque Ringier-Axel Springer. Il entend désormais poursuivre cette expansion en France en se portant acquéreur du magazine Marianne, actuellement en redressement judiciaire.

Bref, Daniel Kretinsky apparaît comme une bouée de sauvetage face à Arnaud Lagardère qui ne cesse de désinvestir les médias, après voir prétendu qu’il serait un géant mondial de la communication. Reste à savoir pourquoi Kretinsky veut compter dans ce secteur. Cette personnalité controversée, qui a étudié à Dijon et revendique des liens affectifs avec la France est citée dans les Panama Papers pour la possession d’une société dans les îles vierges britanniques. Un simple « catamaran » basé aux Caraïbes, selon Kretinsky, qui promet qu’il traitera Elle ou Marianne avec « prudence et respect ».

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