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Les preuves, des faits

Les dirigeants sud-soudanais, obstacles à la paix ?

Audio 03:36
Riek Machar (G.) et Salva Kiir (d.), ici lors d'une cérémonie à Juba, au Soudan du Sud, en juillet 2013.
Riek Machar (G.) et Salva Kiir (d.), ici lors d'une cérémonie à Juba, au Soudan du Sud, en juillet 2013. REUTERS/Andreea Campeanu

Retour sur le coup de colère des États-Unis contre Juba. Cette semaine, la Maison Blanche a déploré que les autorités sud-soudanaises ne fassent rien pour mettre fin à la guerre qui ravage le pays depuis quatre ans et demi. Par conséquent, Washington annonce que les États-Unis vont revoir tous les programmes d’aide au Soudan du Sud, y compris leur appui au processus de paix.

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Dans la déclaration qu’elle a publiée mardi 8 mai, la Maison Blanche ne mâche pas ses mots : « En 2011, les États-Unis ont soutenu avec fierté et espoir la nouvelle nation indépendante du Soudan du Sud. Sept ans plus tard, les dirigeants de ce pays ont brisé ce partenariat, volé la richesse du Soudan du Sud, tué leur propre peuple. Ils ont démontré de manière répétée leur incapacité et leur manque de volonté à donner corps à leur engagement à mettre fin à la guerre civile. »

Le communiqué de la Maison Blanche parle également de « rejet cynique du processus de paix » de la part du gouvernement sud-soudanais. Constat dur, en réaction à une situation de terrain catastrophique : le Soudan du Sud traverse l’une des plus graves catastrophes humanitaires africaines du moment : 1,8 million de Sud-Soudanais sont des déplacés internes, deux millions et demi sont réfugiés dans les pays voisins.

Les accusations lancées par les États-Unis dans leur déclaration sont en tout cas fondées. Et le rôle de premier plan des dirigeants sud-soudanais dans ce conflit n’est pas neuf. Quand le conflit démarre en décembre 2013, c’est avant tout en raison des rivalités politiques entre Salva Kiir, le président du Soudan du Sud et son « frère ennemi » de toujours, Riek Machar... Riek Machar est alors vice-président et il est limogé après avoir indiqué son intention de briguer la présidence. Les deux hommes entraînent leurs partisans armés dans ce conflit de pouvoir... puis leurs communautés d’origine, les Dinkas et les Nuers, qui sont pris pour cible simplement en raison de leurs origines.

Une situation de plus en plus complexe

Depuis, comme le disent les États-Unis, les deux hommes n’ont pas vraiment permis un retour à la paix. Un accord de paix a été signé en août 2015 avec grande difficulté. Mais il n’a jamais vraiment été appliqué. Un accord de cessation des hostilités a été conclu en décembre 2017. Il est régulièrement violé. Le nouveau processus de négociation patine. Riek Machar vit désormais en exil, ce qui est aussi considéré comme un signe de mauvaise volonté par les États-Unis.

Il y a tout de même une limite à la mise en cause des deux dirigeants : le conflit semble de plus en plus échapper à tout contrôle... Plus le temps passe, plus la situation se complexifie, les groupes armés se multiplient. En janvier dernier, par exemple, l’ancien chef d’état-major du président, qui était tombé en disgrâce quelques mois plus tôt, a créé un mouvement rebelle. On ne sait plus vraiment si ces groupes obéissent à des filières hiérarchiques établies. Dans certaines parties du Soudan du Sud, le conflit politique d’origine s’imbrique avec des conflits locaux. Et on voit donc régulièrement des hommes continuer à se battre, même si leurs chefs respectifs leur demandent de déposer les armes.

Pillage des richesses du pays

Autre accusation des États-Unis : les dirigeants s’enrichissent grâce à ce conflit, et volent les richesses du Soudan du Sud. Une enquête qui a été menée en mars 2018 par l’ONG The Sentry montre que des millions de dollars liés au pétrole ont effectivement été payés à des sociétés partiellement détenues par les familles de membres du régime... Les fonds drainés par la compagnie pétrolière publique du Soudan du Sud, la Nile Petroleum Corporation (Nilepet) permettent par ailleurs de financer les actions des milices responsables des violences.

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