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Bonjour l'Europe

Les Suisses aux urnes pour se prononcer sur leur indépendance monétaire

Audio 03:11
Comme lors d'élections, des campagnes d'affichage pour inciter les citoyens à voter occupent l'espace public.
Comme lors d'élections, des campagnes d'affichage pour inciter les citoyens à voter occupent l'espace public. AFP/Fabrice Coffrini

La révolution guette en Suisse, une révolution bancaire et monétaire. Les Suisses votent aujourd’hui pour décider qui doit créer la monnaie dans le pays. S’ils disent oui à l’initiative « Monnaie pleine », la tâche reviendra à la Banque centrale uniquement. Et plus aux banques privées, comme c’est le cas 90 % du temps. Les partisans du texte le voient comme une solution miracle contre la spéculation et les crises financières. Si l’initiative passe, la Suisse deviendra le premier pays au monde à donner les clefs de sa monnaie à une Banque centrale.

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cela fait longtemps que les banques centrales ne créent plus l’essentiel de la monnaie. Ce sont les banques privées qui le font, à chaque fois qu’elles émettent des crédits. C’est ce qu’on appelle la monnaie scripturale. Elle n’existe pas matériellement, mais elle peut le devenir. Un compte bancaire, c’est en fait une promesse des banques de payer le solde en billets et en pièces.

Le problème, c’est qu’à chaque fois qu’une banque crée de l’argent, elle crée aussi des dettes. Les banques prêtent donc plus qu’elles n’ont réellement dans leurs coffres. Avec les risques de voir des bulles spéculatives se créer, comme en 2008. Les partisans de « Monnaie pleine » souhaitent remettre l’économie dite réelle au cœur du jeu. Les banques qui voudraient spéculer pourront toujours le faire. Mais pas avec l’argent qui sert aux transactions des particuliers et des entreprises.

Des opposants nombreux

A peu près tous les responsables politiques et économiques sont contre l’initiative en Suisse. A commencer par le gouvernement qui appelle à rejeter le texte. Même si le ministre des Finances concède que l’initiative part d’une bonne intention, pour lui, elle est trop risquée. Il cite pêle-mêle le risque d’affaiblissement des banques, l’instabilité des taux d’intérêt et la politisation de la Banque Nationale. Presque aucun parti ne soutient officiellement l’initiative. A droite, comme à gauche, on dit qu’on a tiré les leçons de la crise de 2008, en exigeant des banques qu’elles relèvent le niveau de leurs fonds propres.

Peu de chances de passer

Tout porte à croire que le texte ne devrait pas passer. Tous les partis sont contre, mais pas les sympathisants. Le parti socialiste est divisé : 50 % pour, 50 % contre. Pas de consignes de vote chez les verts, mais le oui l’emporterait chez les adhérents. Quand on regarde au niveau national, on retrouve un phénomène très connu en Suisse. Le Röstigraben. Littéralement, la barrière des röstis. Les röstis sont une spécialité culinaire suisse allemande faite de pommes de terre bouillies et de lard. On utilise le terme pour parler de la barrière culturelle entre la Suisse alémanique et la Suisse romande. Celle-ci se confirme souvent pendant les votations où on ne vote pas toujours pareil selon qu’on habite à Zürich ou Genève. Les derniers sondages indiquent par exemple un net rejet de « Monnaie pleine » en Suisse alémanique. Tandis que la Suisse romande pourrait l’adopter. Sachant que les Suisses allemands sont plus nombreux, on se dirige logiquement vers un refus de l’initiative. Sauf énorme surprise, il faudra encore attendre pour le grand soir monétaire en Suisse.

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