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Chronique des matières premières

Deuxième exportateur de GNL, l'Australie est au bord de la pénurie de gaz

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Usine de production de GNL, en Australie.
Usine de production de GNL, en Australie. Getty Images/Peter Hendrie

L'Australie va devoir construire de nouvelles infrastructures pour importer du gaz naturel liquéfié à l'est du pays. Une pénurie de gaz se profile. Pourtant l'Australie est le deuxième exportateur de GNL au monde.

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L'Australie est au bord de la pénurie de gaz, programmée, si rien n'est fait, pour 2021. Pourtant, elle peut expédier à l'autre bout de la planète des quantités de gaz naturel liquéfié, ou GNL, qui seront bientôt plus importantes que celle du Qatar.

Mais cette production nouvelle de gaz australien est destinée exclusivement aux exportations de gaz, il est liquéfié pour rejoindre les méthaniers et prendre les mers, vendu sur des contrats à long terme. Il n'est pas destiné aux besoins de l'Australie, qui bientôt ne seront plus pourvus.

Pas de mutualisation des infrastructures ni de gazoduc

Le gouvernement était alerté depuis longtemps de ce risque de pénurie. « Un rapport gouvernemental de 2004 mentionnait déjà des prévisions de déclin alarmantes de la production de gaz naturel conventionnel dans la partie est du pays, rappelle Philippe Sébille-Lopez, de Géopolia. Or cette région concentre les trois quarts de la population du pays et de nombreuses industries. Malgré cela, les gouvernements successifs n'ont pas contraint les opérateurs des grands projets de liquéfaction offshore de l'Ouest du pays à traiter cette question. »

Les compagnies ont multiplié les projets concurrents destinés à l'exportation. Des projets pharaoniques, 15 à 50 milliards de dollars chacun, Pluto, Gorgon, Wheatstone et bientôt Ichthys et Prelude, sans aucune mutualisation des infrastructures, et a fortiori sans gazoduc qui aurait rejoint les Etats les plus peuplés d'Australie - le Queensland, la Nouvelle Galles du Sud et Victoria.

L’échec d’un marché non régulé

La solution qui reste à l'Australie, c'est donc d'importer du gaz... On évoque à présent la construction par ExxonMobil d'un terminal non plus de liquéfaction du gaz mais de regazéification du GNL sur la côte est de l'Australie. Ce gaz qui viendra de partout, le consommateur australien le paiera au prix fort. « L'exemple même de l'échec du marché non régulé », résume Thierry Bros, chercheur à l’Oxford Institute for Energy Studies.

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