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Politique, le choix de la semaine

Le tournant du quinquennat

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Le président Emmanuel Macron (c) en face du Premier ministre Edouard Philippe lors de la réunion de crise à l'Elysée, le 2 décembre 2018.
Le président Emmanuel Macron (c) en face du Premier ministre Edouard Philippe lors de la réunion de crise à l'Elysée, le 2 décembre 2018. STEPHANE MAHE / POOL / AFP

Journée à haut risque ce samedi à Paris avec la nouvelle mobilisation des gilets jaunes. Le recul du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone n'a pas calmé la colère des manifestants. Quoi qu’il arrive ce samedi, on assiste véritablement à un tournant du quinquennat.

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Rien ne sera plus comme avant, comme ces derniers 18 mois où le président Macron avait fait de sa capacité à réformer rapidement et sans jamais reculer, la marque de fabrique du macronisme… Voilà c’est fini, Jupiter n’est plus, l’exécutif a été bel et bien contraint –sous la pression de la rue- à lâcher du lest…

Et la suite du quinquennat - si le gouvernement arrive à calmer la colère des gilets jaunes devrait être bien différente. Il suffit pour s’en convaincre de voir les deux têtes de l’exécutif tombées aux tréfonds des sondages à 18% pour le chef de l’Etat, 21% pour le Premier ministre –en appeler à l’ancien monde, ce monde qu’ils avaient rayé de leur logiciel, les partis d’opposition mais également les syndicats pour les aider à faire face «en responsabilité» à la rue qui gronde. Cette révolte de la France d’en bas impose tout d’abord une pause fiscale, c’est le sens de l’annulation de la taxe carbone, mais d’ores et déjà jugée insuffisante par les manifestants.

D’autres possibles concessions seraient donc en préparation, hausse du SMIC ? , rétablissement de l’ISF l’impôt sur la fortune ?

Pour l’heure le président en a fait une ligne rouge. Mais le gouvernement est désormais sur une ligne de crête, soucieux comme l’a exprimé le Premier ministre « de ne pas mettre en danger l’unité de la nation », mais soucieux en même temps de ne pas trop céder de peur de devoir renoncer à toutes les autres réformes. En tout état de cause les grandes réformes des retraites ou bien encore de l’assurance chômage sont remisées à des temps meilleurs. A tout le moins à l’après-européennes et après en tout cas le grand débat national promis sur la fiscalité qui doit durer six mois.

En attendant tout reste suspendu au déroulement de la manifestation aujourd’hui ?

Si le scénario du pire se produit, c’est-à-dire si Paris s’embrase à nouveau et qu’il y a des morts, comme semble le craindre le gouvernement, la déflagration politique serait telle qu’on évoque déjà dans l’entourage du président le possible départ du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Voire même un remaniement plus large, avec un changement de Premier ministre. Déjà très affaibli, Edouard Philippe est sur la sellette. Ce samedi sera déterminant.

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