Accéder au contenu principal
Chronique des matières premières

Le véhicule électrique ne fait plus bondir les prix du nickel

Audio 01:48
Les camions transportent du minerai de nickel brut à proximité de Sorowako, en Indonésie, le 8 janvier 2017.
Les camions transportent du minerai de nickel brut à proximité de Sorowako, en Indonésie, le 8 janvier 2017. © REUTERS/Yusuf Ahmad

Avec le cobalt, le nickel est un ingrédient-clé de la voiture électrique. Pourtant, après l'euphorie du premier semestre, on observe un repli des cours du métal. Les annonces d'investissements miniers se multiplient. Ce qui laisse augurer une offre largement suffisante en nickel, ingrédient, avant tout, des alliages d'acier, Claire Fages.

Publicité

Le véhicule électrique ne fait plus bondir les cours du nickel. Au contraire, le prix du métal n'a cessé de décliner depuis six mois : moins de 11 000 dollars la tonne aujourd'hui, 4 500 dollars de moins qu'en juin dernier. Le marché semble se rappeler que le véritable débouché du nickel, c'est encore à 75 % l'acier inoxydable, pas la batterie électrique. Or la production d'acier inoxydable ralentit en ce moment en Chine.

Multiplication des projets miniers et des procédés

L'offre minière de nickel, au contraire, ne cesse de s'étoffer. L'Indonésie et les Philippines, qui avaient un temps restreint les exportations, ont lâché du lest. Djakarta, qui a obtenu l'installation de raffineries sur son sol, a donné deux nouvelles autorisations d'exporter du minerai de nickel, à partir de janvier. Parallèlement les géants miniers annoncent investissement sur investissement dans le nickel, que ce soit le Russe Norilsk, l'Australien BHP en Australie, le Brésilien Vale en Nouvelle-Calédonie, ou le Chinois Tsingshan en Indonésie.

Tous évoquent bien sûr l'essor à venir du véhicule électrique... Et ils cherchent de nouveaux procédés pour obtenir plus directement le sulfate de nickel, véritable ingrédient des batteries, à partir du minerai plutôt qu'à partir du métal.

2 à 3 % de la consommation de nickel

« Les options se multiplient pour alimenter les batteries en nickel, elles sont plus nombreuses que pour le cobalt, ce qui explique qu'il y ait moins de buzz aujourd'hui sur ce marché », commente Maïté Le Gleuher, économiste au BRGM. « Le véhicule électrique ne pèse encore que 2 à 3 % de la consommation de nickel », rappelle-t-elle. « Combien y aura-t-il de véhicules électriques dans dix ans : 2 millions ? 10 millions ? On n'en sait rien ! », renchérit Didier Julienne, autre expert des métaux. « La consommation de nickel pour les véhicules électriques va certes augmenter mais pas révolutionner le marché. Les volumes sont trop faibles parce que ces véhicules coûtent encore trop cher ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.