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Aujourd'hui l'économie

Macky Sall à Paris pour financer la phase deux du «Plan Sénégal Emergent»

Audio 03:45
Le président sénégalais Macky Sall au forum de la Paix à Paris le 11 novembre 2018.
Le président sénégalais Macky Sall au forum de la Paix à Paris le 11 novembre 2018. AFP/Yoan Valat

Le président sénégalais Macky Sall est à Paris aujourd’hui et demain. Son objectif : trouver des financements pour la deuxième phase de son « Plan Sénégal Émergent ». Le président espère obtenir près de 3 000 milliards de francs CFA, soit plus de 4 milliards d’euros. C’est l’occasion pour l’opposition sénégalaise, à deux mois de l’élection présidentielle de tirer une nouvelle salve de critiques contre le président Macky Sall, accusé d’endetter l’Etat. Karim Wade, candidat déclaré à la présidentielle depuis son exil qatarien a même demandé hier un audit des finances du Sénégal.

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La lettre ouverte de Karim Wade s’adresse directement aux bailleurs de fonds mobilisés aujourd’hui à Paris pour financer la deuxième phase du PSE de 2019 à 2023. Des « partenaires techniques et financiers » pour qui la dette publique sénégalaise est aussi un objet d’inquiétude. Notamment pour le FMI, qui soutient le pays dans son plan de développement parle de la dette comme une source « potentielle de vulnérabilité ». Mais l’organisation précise que cette dette, qui représentait 61% du PIB en 2017, n’est pas encore « hors de contrôle ».

D’autant plus que selon les équipes du FMI à Dakar, le pays est capable de rembourser ses créances. Mais pour combien de temps ? C’est la question en filigrane que pose Karim Wade et une partie de l’opposition.

Des nuages à l’horizon

Parmi les doutes, les revenus fiscaux de l’Etat qui seront moins importants que prévu cette année, en raison notamment de la baisse des revenus pétroliers. C’est donc des ressources en moins pour l’Etat afin de rembourser sa dette. Là encore, le FMI et la Banque mondiale, sans être alarmistes, ont cette année dit aux autorités que des réformes étaient nécessaires pour améliorer le financement du secteur public.

En effet, l’Etat à l’intérieur du pays accumule les impayés envers les entreprises et en particulier le cas de la Sénélec, la compagnie publique d’électricité. D’où l’écho que trouve la lettre de Karim Wade, qui réclame un audit des finances publiques.

L’Etat sénégalais dans les bonnes grâces des agences de notation

La croissance du Sénégal tourne autour de 7% à nouveau cette année, rendant le pays éligible à un prêt. Les efforts pour contenir le déficit budgétaire sont même salués à l’extérieur. Pour preuve, l’opération d’émissions souveraines sur les marchés en mars dernier a été couronnée de succès. Elle a permis au pays de lever plus d’un milliard de dollars pour financer la 2e phase du PSE, et ses projets d’infrastructures phare comme le TER reliant Dakar au nouvel aéroport international. Un même optimisme prévaut pour l’appel aux bailleurs internationaux ce lundi.

Une prise de décision non sans risque

Avec la reprise du dollar américain, le franc CFA se déprécie et cela fait monter la facture de la dette. L’Etat et ses partenaires misent tout sur la réussite du « Plan Sénégal Emergent » qui doit accélérer encore la croissance pour qu’elle passe à deux chiffres d’ici 2023. Une croissance qui sera forcément dopée par le lancement de la production d’hydrocarbures, mais qui devra à tout prix être inclusive pour améliorer le sort de la population, en particulier l’emploi des jeunes.

En effet, près de 15% des jeunes Sénégalais recherchent un emploi. Pour cela, il faudra des réformes structurelles qui redonnent du souffle au secteur privé. L’Etat sénégalais s’est lancé dans ce chantier avec la mise en place de zones économiques spéciales, saluées par les partenaires techniques et financiers comme par le secteur privé mobilisé à Paris mardi. Des efforts louables, mais pas encore perceptibles par le Sénégalais moyen.

Ce qui donne naturellement du grain à moudre à l’opposition.

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