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Roumanie: le bras de fer politique n'en finit plus

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Un carton représentant une figure du président du parti PSD, Liviu Dragnea (au centre) est pendu lors d'une manifestation contre le ministre de la Justice, à Bucarest, le 25 février 2018.
Un carton représentant une figure du président du parti PSD, Liviu Dragnea (au centre) est pendu lors d'une manifestation contre le ministre de la Justice, à Bucarest, le 25 février 2018. AFP/Daniel Mihailescu

Le bras de fer politique se poursuit en Roumanie avec une semaine qui s'annonce très mouvementée. En première ligne, le projet d'ordonnance sur la loi pénale qui devrait resurgir une nouvelle fois. Ainsi que le vote du Parlement sur la motion de censure déposée par l'opposition à l'encontre du gouvernement social-démocrate.

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Cette motion de censure déposée par l’opposition n’a, a priori que très peu de chances d’aboutir puisqu’elle a été signée par seulement 163 parlementaires sur un total de 465. En juin 2018, le Parlement s’était prononcé sur une motion de censure déposée par l’opposition libérale et leurs alliés, sans succès. Mais à l’époque, ces derniers avaient surtout reproché au gouvernement la détérioration de l’économie.

Cette fois, l’attaque est plus frontale : ce sont clairement les intentions du gouvernement social-démocrate de modifier la loi pénale qui sont visées. La motion va être votée cette semaine et on constate que des voix discordantes émergent dans la majorité et au sein même du parti social-démocrate. C’est sans doute cet entêtement de la part de l’exécutif sur cette question de la modification de la loi pénale qui agace dans les rangs du parti au pouvoir qui a essuyé quelques défections ces derniers mois.

Une ordonnance pénale qui fait toujours parler d’elle

L’ordonnance pénale demeure le cheval de bataille de ce gouvernement qui n’a par ailleurs pas encore élaboré le budget 2019... L’ordonnance d’urgence visant à modifier le Code pénal est attendue dans sa nouvelle forme pour cette semaine. C’est le ministre de la Justice, Tudorel Toader, qui est en charge du dossier.

L’opposition s’attend à ce que le texte assouplisse le Code pénal, notamment en matière du régime encadrant l’amnistie et la grâce. Les indices dans ce sens ne manquent pas. Le promoteur de l’ordonnance au moment des grandes manifestations de début 2017, Florin Iordache, à l’époque ministre de la Justice, a une fois de plus mis de l’huile sur le feu. Il estime que l’abus de service n’est pas condamnable. Il est actuellement député et représente toujours une voix au sein du parti.

Un bras de fer politique autour de la corruption

A l’image de l’allégement du Code pénal, ce thème cristallise toutes les attentes et représente l’enjeu des luttes politiques actuelles. Les partis d’opposition mais aussi le président libéral Klaus Iohannis sont de plus en plus virulents. Il y a d’abord eu la tentative, il y a quelques jours, de destituer de la présidence de la Chambre des députés le leader social-démocrate, Liviu Dragnea.

Récemment également, la Cour constitutionnelle a été saisie sur la base d’une initiative visant à empêcher les personnes condamnées au pénal à occuper des fonctions publiques. La société civile est elle aussi aux aguets même si les Roumains sont fatigués après près de deux ans de lutte. Plus largement, l’opposition va sans doute compter sur un allié de poids puisque l’ancien Premier ministre technocrate, Dacian Ciolos, qui cristallise beaucoup d’attentes, vient enfin d’annoncer le lancement de son parti ce samedi dans la deuxième ville du pays, Cluj-Napoca. Celui-ci s’appelle Plus, le parti de la liberté, de l’unité et de la solidarité. La lutte contre la corruption est là encore au cœur de son programme.

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