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Aujourd'hui l'économie, le portrait

Elon Musk, le patron visionnaire et tapageur

Audio 04:03
Elon Musk.
Elon Musk. REUTERS/Joe Skipper

Elon Musk a connu une année 2018 difficile, la plus difficile de sa carrière, marquée par une série de polémiques. Cette année s'achève néanmoins sur un nouveau pari fou.

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Le 19 décembre, Elon Musk présente à la presse un premier tronçon du tunnel anti-embouteillage qu’il rêve de construire. « Les embouteillages, ça nous détruit. Ce serait incroyable si l’on pouvait parcourir Los Angeles ou Chicago, à 240 km/h, », s’exclame-t-il alors.

Mais pour l’instant, le test a été fait sur moins de deux kilomètres. Cela peut faire sourire, mais mieux vaut être prudent. Le multimilliardaire n’arrête pas de surprendre, comme le souligne Peter Harms, professeur associé de management à l’université de l’Alabama :  

« C’est un visionnaire, il excelle dans la transformation des produits, des idées. Il sait changer les modèles et leur faire prendre une direction que l’on n’avait jamais envisagée auparavant. Et quand il travaille trop, car il s’occupe des problèmes opérationnels, ce n’est pas bon, car il empêche ses compétences d’être au top. »

Objectif Mars

Parfois comparé à Tony Stark, alias Iron Man, ce féru de jeux vidéo a misé sur la voiture électrique avec Tesla, et bâti SpaceX. Objectif ? Mars et sauver l’humanité !

Un esprit d’aventure et de défi cultivé depuis sa jeunesse

A 17 ans, il quitte son Afrique du Sud natale, direction le Canada puis la Pennsylvanie. Ses diplômes d’économie et de physique en poche, il monte une start-up avec son frère, puis l’une des premières banques en ligne qui rachètera un PayPal naissant. Il y fait ses armes de chef d’entreprise avant d’être évincé, mais il rebondit et est désormais à la tête de plusieurs entreprises. Un patron hors norme, analyse Yan Cimon, professeur de stratégie à l’université de Laval : « Il s’implique beaucoup, non seulement dans les aspects stratégiques de ses entreprises, mais aussi dans certains des aspects opérationnels. Cela signifie qu’il n’a pas peur de se salir les mains par moment et qu’il peut parfois outrepasser certains de ses tops-managers. »

Coutumier des coups d’éclat

Hors-norme aussi dans sa communication. Ce grand brun au visage poupin n’est pas avare en coup marketing. Songeons notamment à la mise en orbite d’une Tesla rouge avec l’une de ses fusées ou de son poisson d’avril sur la fausse faillite de Tesla. Une personnalité à double tranchant aux yeux de Yan Cimon : « Lorsque vous êtes en phase de démarrage, il est bon d’essayer d’attirer l’attention comme il le fait. Mais lorsque l’entreprise devient plus mature, les investisseurs souhaitent voir un peu plus de rigueur dans la gestion. »

D’autant que Tesla ou Space X sont identifiées à Elon Musk et qu’en 2018, les polémiques se sont enchainées. Cette annonce sur Twitter, par exemple, d’un retrait de Tesla de la bourse a été un épisode qui lui a valu plusieurs dizaines de millions de dollars d’amende et de céder sa casquette de président, gardant celle de directeur général.

120 heures de travail par semaine

Ce tweet relevait d’un souci de transparence, selon Elon Musk lui-même. Une journaliste de la Silicon Valley met cette série de polémiques sur le compte de la pression et de la fatigue. En août, Elon Musk déclarait travailler 120 heures par semaines au détriment du temps passé avec ses amis et ses 5 enfants. Des efforts notamment pour résoudre les problèmes de production de la nouvelle gamme de voitures.

Et Elon Musk ne s’avoue pas vaincu facilement : « Pour lui, le résultat doit être atteint à tout prix. Ce qui mène parfois à une certaine intransigeance. Lorsqu’il n’a pas ce qu’il désire, il peut être assez cassant avec son personnel. Mais puisque l’une des promesses qu’il fait aux gens qu’il embauche, c’est qu’il va les aider à changer le monde, généralement ses troupes ont beaucoup de tolérance. »

Mais chez Tesla, les départs se sont multipliés. Une journaliste californienne et une enquête du magazine Wired, évoquent aussi des licenciements soudains. Il ne serait pas bon ces derniers temps de contrarier le très médiatique patron. Peut-être y aura-t-il du changement en 2019. Elon Musk est désormais épaulé par Robyn Denholm à la tête de Tesla. Le fonctionnement du tandem pourrait être un test et permettre de voir si celui qui veut changer le monde peut aussi changer d’attitude.

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