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Chronique des médias

Election et censure en RDC

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Une femme dépose son bulletin dans l'urne dans un bureau de vote de Kinshasa le 30 décembre 2018 (illustration).
Une femme dépose son bulletin dans l'urne dans un bureau de vote de Kinshasa le 30 décembre 2018 (illustration). REUTERS/Baz Ratner

Alors que les résultats de l’élection présidentielle doivent en principe être connus dimanche 6 janvier, sur fond de craintes de manipulations des résultats, Internet et des médias, dont RFI, sont bloqués en République démocratique du Congo.

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A quoi reconnaît-on la dérive autoritaire d’un Etat ? A la volonté d’un gouvernement, entre autres, de contrôler le web et ses organes d’information. C’est ce que l’on a vu ces dernières années en Chine, en Russie, en Arabie saoudite, en Egypte ou au Venezuela. L’Afrique subsaharienne ne fait pas exception comme en atteste le blocage des communications électroniques au Congo-Brazzaville lors de la réélection pour un troisième mandat de Denis Sassou-Nguesso, en mars 2016. Ou bien, à la fin de cette même année, en RDC, lorsque le régime a ordonné aux opérateurs téléphoniques de suspendre leurs services, sur fond de soulèvement populaire, après le terme officiel du deuxième mandat de Joseph Kabila.

Cette fois, en 2019, ce n’est pas pour des raisons de « sûreté nationale » comme au Congo voisin, avec lequel on s’échange des cartes SIM, de l’autre côté du fleuve à Kinshasa, que les communications sont bloquées. C’est officiellement pour permettre le bon déroulement du scrutin. Il y a deux ans, le régime voulait éviter l’échange d’images de personnes tuées ou blessées à la suite de la répression par les forces de l’ordre. Aujourd’hui, il veut sans doute éviter que s’échangent des chiffres qui, comme il le martèle, « intoxiquent la population ». On le sait, quelque 40 000 observateurs de l’Eglise se sont activés pour recueillir les chiffres provisoires des 179 centres de compilation de tout le pays. Et bien sûr, ces observateurs échangent leurs informations par les supports électroniques, même si seuls 4% des Congolais de RDC ont accès à Internet en temps normal.

La Conférence épiscopale a affirmé avoir connaissance du nom du vainqueur, ce qui est une manière de faire pression pour le respect du choix des urnes. C’est ce qu’a assuré un de ses représentants sur Radio Okapi, radio qui avait été brouillée quelques jours en novembre 2016.

Radio France internationale, qui avait pâti à l’époque d’une interruption de neuf mois de son émetteur à Kinshasa, est encore aujourd’hui dans le collimateur du gouvernement. Son signal de réception a été coupé dans toute la RDC et l’accréditation de sa journaliste Florence Morice retirée. Motif ? Avoir donné des tendances de résultats avant la Ceni, la Commission électorale nationale indépendante. Ce à quoi RFI répond qu'elle « respecte et a respecté sur ses antennes les textes en vigueur et n'a donné aucun résultat des scrutins de dimanche ». Avant même l’élection, Reporters sans frontières avait alerté : « Tous les moyens sont bons pour empêcher les journalistes nationaux et étrangers d’être les témoins de la dérive autoritaire du régime actuel ».

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