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Revue de presse Afrique

A la Une: Gbagbo le retour

Audio 04:43
Des partisans de Laurent Gbagbo jubilent à Youpougon (Abidjan) après l’acquittement de leur leader mardi 15 janvier 2019.
Des partisans de Laurent Gbagbo jubilent à Youpougon (Abidjan) après l’acquittement de leur leader mardi 15 janvier 2019. REUTERS/Luc Gnago

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Après sept ans de détention, Laurent Gbagbo a donc été acquitté hier par la CPI, la Cour pénale internationale, ainsi que Charles Blé Goudé, l’ancien chef du mouvement des Jeunes Patriotes. Aussitôt, les partisans de l’ancien président ivoirien ont laissé éclater leur joie. Le site d’information Ivoire Soir publie 10 photos de scènes de liesse, dans les rues d’Abidjan et mais aussi à La Haye, devant les locaux de la CPI.

« N’ayons pas peur : ils arrivent ! », s’exclame L’Intelligent à Abidjan. « Le scénario catastrophe avait été envisagé en cas de la libération de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Mais depuis hier, le pays n’est pas à feu et à sang. Et sans doute, il ne le sera pas du fait de cette libération. Le chef de l'Etat, Alassane Ouattara, avait appelé à la sérénité. "Arrêtons de nous faire peur", avait-il dit le 7 janvier dernier, lors de ses vœux. Le message semble avoir été entendu. Des manifestations de joie ont été notées çà et là, ainsi que des manifestations de victimes pour s’insurger contre cette libération annoncée. »

Déclaration hier de l’avocat de Laurent Gbagbo, Maître Altit, rapportée par Abidjan.net : « Mon client est soulagé et heureux d’avoir fait confiance à la justice. Les juges ont agi avec professionnalisme et indépendance, assurant par là-même la pérennité et la légitimité de la Cour. Laurent Gbagbo a toujours cru à la justice. Il a voulu que les choses aillent jusqu’au bout », a-t-il encore souligné.

Et maintenant ?

La presse de la sous-région, elle, est déjà passée à l’étape suivante : désormais libre, que va faire Laurent Gbagbo ? Les spéculations vont bon train. Pour Le Pays au Burkina, « il ne fait aucun doute que l’ex-président peut encore jouer un grand rôle dans son pays. Mais quel rôle choisira-t-il de jouer ? Celui du pyromane animé d’un esprit de vengeance ou bien celui du pompier qui se fera l’apôtre de la paix et de la réconciliation ? On attend de voir. Mais une chose est sûre, Laurent Gbagbo n’est pas homme à rester les bras croisés. Il a la politique chevillée au corps. »

En effet, complète Wakat Sera, « cet acquittement de Laurent Gbagbo va redessiner totalement la carte politique d’une Côte d’Ivoire actuellement écartelée (…). Les ex-alliés du RHDP étant déchirés aujourd’hui autour de l’avènement d’un RHDP parti unique, que rejettent Henri Konan Bédié et son Parti démocratique de Côte d’Ivoire, le PDCI dont les rangs pourraient bien être renforcés par l’actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro. La Côte d’Ivoire, qui a plus besoin de réconciliation que de tout autre chose, se donnera-t-elle les moyens de s’éviter de nouveaux affrontements dans lesquels réussissent toujours à l’entraîner les politiciens en manque d’argument ? »

Aujourd’hui, toujours à Ouaga, s’interroge également : « Gbagbo va-t-il s’allier à Soro ? A Bédié ? En tout cas, cette libération rebat les cartes politiques ivoiriennes. Et Ouattara doit avoir peur, car un come-back de Gbagbo n’est pas un bon signe (pour lui), d’autant que Ouattara s’est aliéné Bédié et Soro et, par extraordinaire, tous peuvent se liguer pour un "Tout sauf Ouattara ou son poulain en 2020". (…) Désormais, bien malin qui pourra prévoir l’issue de l’échéance de 2020. »

Tourner la page ?

Le Nouvel Observateur à Kinshasa se veut optimiste : « La libération de Gbagbo et Blé Goudé permettra certainement à la Côte d’Ivoire de se réconcilier avec elle-même. Il ne faut donc pas que Laurent Gbagbo rentre au pays dans un esprit revanchard. Aujourd'hui, les Ivoiriens doivent comprendre que l’heure est venue de tourner la page d’un passé triste et douloureux et de s’investir dans la dynamique de réconciliation nationale, en évitant bien entendu des actes susceptibles de provoquer le démon de la haine et de la division. »

Bases fausses ?

Enfin, pour le quotidien Enquête à Dakar, « c’est la fin d’un dossier très politique. Cet acquittement est la fin, logique, d’une invraisemblable procédure judiciaire, commencée en 2011 et viciée depuis ses débuts. Le dossier contre l’ancien président ivoirien a été monté sur des bases fausses, poursuit Enquête, dans le cadre d’une opération politique, conçue et mise en œuvre par Luis Moreno Ocampo, prédécesseur de Fatou Bensouda, par les autorités françaises et par Alassane Ouattara, actuel président de la Côte d’Ivoire. »

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