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Revue de presse française

A la Une: la pression s'intensifie sur Nicolás Maduro

Audio 06:28
Le président vénézuélien Nicolás Maduro a rejeté l'ultimatum européen le 3 février 2019.
Le président vénézuélien Nicolás Maduro a rejeté l'ultimatum européen le 3 février 2019. Miraflores Palace/Handout via REUTERS

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Les pays européens, à l’exception notamment de l’Italie, ont accentué la pression hier sur le président vénézuélien : ils affirment reconnaître Juan Guaidó en tant que président du Venezuela par intérim et le chargent d’organiser une élection présidentielle.

« On dira : de quoi se mêlent-ils ?, s’interroge Libération. Pourquoi emboîter le pas, d’un continent à l’autre, à Donald Trump, qui a le premier proclamé la légitimité de Juan Guaidó ? » Eh bien, répond le journal, « les Européens se mêlent en fait des affaires de la démocratie. L’Union européenne avait en son temps, rappelle Libération, émis de très sérieux doutes sur la validité de l’élection du président en titre, Nicolás Maduro, organisée à la va-vite par une commission électorale aux ordres du régime, boycottée par l’opposition et marquée par toutes sortes de fraudes. Or la Constitution vénézuélienne, un peu comme en France, prévoit qu’en cas d’empêchement du président en titre, celui de l’Assemblée - Juan Guaidó en l’occurrence - exerce un intérim avant l’organisation d’un nouveau scrutin. (…) D’où la reconnaissance européenne. » Du coup, pour Libération, « il n’est qu’une issue à la crise qui a plongé dans le malheur un peuple longtemps abusé et qui se révolte aujourd’hui : l’organisation d’une élection présidentielle sincère. Alors on verra si ce régime populiste reçoit toujours l’assentiment du peuple. »

Deux blocs…

En tout cas, la communauté internationale reste divisée sur le cas vénézuélien : des divisions « qui illustrent, pointe Le Monde, l’évolution des clivages géopolitiques. Cuba et la Russie, présents militairement au Venezuela, soutiennent Nicolás Maduro, héritier d’Hugo Chávez, mais aussi la Chine et la Turquie, membre de l’Otan. Washington soutient activement Juan Guaidó et a pris une série de sanctions économiques destinées à étouffer le gouvernement Maduro. Le Canada a très vite pris parti pour Juan Guaidó, de même que plusieurs Etats latino-américains, le Brésil en tête. L’Union européenne, donc, a appelé à une élection présidentielle, que Nicolás Maduro a rejetée, et la majorité de ses Etats-membres appuient le leader de l’opposition vénézuélienne. »

Le Monde relève également que « l’armée vénézuélienne, facteur crucial, n’a pour l’instant pas basculé. Juan Guaidó doit poursuivre ses efforts pour parvenir à la convaincre ; le soutien pacifique d’Etats étrangers de plus en plus nombreux, à la fois de l’UE et du groupe de Lima, qui rassemble 14 Etats latino-américains et le Canada, ne peut que renforcer sa position et doit être affirmé avec clarté. Mais dans une situation aussi volatile, une chose est sûre, estime le quotidien du soir : une intervention militaire américaine, dont le président Trump agite la menace, serait une grave erreur. »

Une loi qui a du mal à passer !

A la Une en France, la loi anticasseurs qui doit être votée ce mardi à l’Assemblée… Une loi décriée à gauche et qui fait débat au sein même de la majorité présidentielle.

Du coup, pointe La Nouvelle République du Centre Ouest, « la République en marche risque de ne pas faire le plein de voix ce mardi lors du vote solennel de la loi. Loin de là. (…) Au fil des mois, la majorité semble peu à peu se souvenir de la diversité qui est la sienne. Et que certains députés prennent du recul et refusent de voter un texte qui comporte un risque réel de dérive dans les années à venir est certainement, estime le journal, tout à leur honneur. »

Libération ne cache pas son hostilité au texte : « On pourra donc interdire de manifestation un individu dont "il existe des raisons sérieuses de penser qu’il constitue une menace pour l’ordre public". Mais qui pense et quelles sont ces raisons ? La loi anticasseurs est claire : le préfet pensera ; les raisons seront celles de la police. Le juge ? Eliminé, sauf en cas de recours. (…) On jugera donc l’intention et non le fait. Il s’agit d’une loi divinatoire, parfaitement contraire à tous les principes constitutionnels, avancée sous la pression des circonstances, qui divise la majorité et heurte la plupart des défenseurs du droit et des libertés. »

Pourtant, souligne Nice-Matin, « notre arsenal juridique existant suffit largement, en vérité, pour réprimer et poursuivre les auteurs d’actes violents. Mais le pouvoir a voulu montrer sa fermeté et s’est lancé sans la moindre précaution dans la rédaction de cette "loi". (…) Cette précipitation aboutit à une mesure inacceptable, le contrôle administratif du droit de manifester. Elle ouvre la porte à l’arbitraire et porte en même temps atteinte à la liberté de manifester. »

Perquisition avortée à Mediapart : la main du pouvoir ?

A la Une aussi, la perquisition avortée hier dans les locaux de Mediapart… Le site d’information ne décolère pas : « Pour la première fois dans l’histoire de Mediapart, le parquet de Paris a tenté de perquisitionner la rédaction, hier matin, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte pour (notamment) atteinte à la vie privée dans l'affaire Benalla, à la suite de nos révélations de la semaine dernière. »

Explication : cette enquête préliminaire a été ouverte non pas sur le fond des faits mis au jour par Mediapart, à savoir les dernières révélations du site sur Benalla et ses liens avec l’Elysée par le biais d’enregistrements, mais pour atteinte à l’intimité de la vie privée de l’ancien collaborateur du chef de l’Etat. La direction du site a refusé aux juges et aux policiers l’accès de ses locaux, comme la loi l’y autorise. Mediapart voit dans cette tentative de perquisition la main du pouvoir et affirme ne « pas se laisser intimider par les protagonistes de cette affaire ni par le parquet ».

Cette affaire a provoqué un déluge de réactions indignées dans la presse. Exemple, cette charge de La Charente libre : « Après la tentative de perquisition subie par Mediapart hier matin, c’est une profonde inquiétude pour ce qui reste un solide contre-pouvoir de notre société et donc une liberté fondamentale du citoyen d’être informé. (…) Que ces enregistrements intéressent la justice est logique. (…) Mais que le parquet s’intéresse aux sources sous prétexte d’une atteinte à la vie privée plutôt qu’au fond des faits montre une volonté manifeste de faire pression sur les journalistes et surtout sur leurs informateurs. C’est inacceptable. »

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