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Chronique des matières premières

La bataille franco-anglaise du sucre au coeur du Brexit?

Audio 01:56
Usine de fabrication de sucre à Bury St Edmonds, Suffolk, Royaume-Uni.
Usine de fabrication de sucre à Bury St Edmonds, Suffolk, Royaume-Uni. BuildPix/Construction Photography/Avalon/Getty Images

Le raffinage du sucre au Royaume-Uni a tout à gagner d'un Brexit dur. L'ancien secrétaire d'Etat à la sortie de l'Union européenne était d'ailleurs un ancien cadre dirigeant de la plus grande raffinerie de sucre britannique.

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Tate & Lyle est le plus grand raffineur britannique de sucre. Une institution, dont le fondateur au 19e siècle fut à l'origine de la Tate Gallery, le grand musée londonien. C'est aussi l'une des entreprises britanniques qui défend avec le plus d'ardeur le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne.
 

David Davis ex-cadre de Tate & Lyle

 

Ce qui éclaire l'engagement en faveur du Brexit de certains politiciens, dont David Davis. « L'ancien secrétaire d'Etat britannique à la sortie de l'UE a passé dix-sept ans de sa carrière chez Tate and Lyle », rappellent les auteurs de l'annuaire Déméter 2019.

 

Les capacités de raffinage du sucre de Tate & Lyle sont immenses mais la Grande-Bretagne ne produit que très peu de sucre de betterave, 1 million de tonnes, alors que 4 millions de tonnes sont produites sur le seul territoire français. Tate & Lyle doit donc importer du sucre non raffiné, majoritairement des pays producteurs de canne à sucre, au premier rang desquels le Brésil. Mais les quantités sont contingentées par des quotas de Bruxelles et ce sucre brut des pays tiers que Tate & Lyle raffinent en Grande-Bretagne fait l'objet de droits de douane à son entrée dans l'Union. Ce qui n'est pas le cas du sucre raffiné en provenance des autres pays de l'UE.

 

Retour des droits de douane

 

Le raffineur de sucre britannique a donc intérêt au retour des droits de douane entre l'Europe continentale et le Royaume-Uni.Tate & Lyle a également intérêt à ce que Londres renégocie en solo des accords de libre-échange avec les pays tiers fournisseurs de sucre de canne, en particulier les partenaires du Commonwealth, ce qui rendrait ses produits plus compétitifs que ceux de ses concurrents du continent européen.

 

Inversion des flux

 

Les producteurs français de sucre de betterave sont particulièrement inquiets, ils exportent 10 % de leur sucre au Royaume-Uni, mais aussi 15 % de leur éthanol. En cas de Brexit dur, ils devraient renoncer à ce débouché. Les betteraviers français craignent même que les flux s'inversent, c'est-à-dire que le sucre britannique s'exporte sur le continent européen. C'est pourquoi ils demandent des règles strictes et des mesures de prévention en cas de Brexit.

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