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Chronique des matières premières

La Chine fait chuter les prix du riz vietnamien

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Rizières de la province chinoise du Yunnan.
Rizières de la province chinoise du Yunnan. Keren Su/ Getty Images

Nouveau pays exposé au Salon de l’agriculture à Paris, le Vietnam n’est pas au mieux de sa forme en matière agricole. Après la crise de la filière anacarde, et la chute des prix du café, c’est au tour des prix du riz de plonger. La Chine, nouveau gendarme du marché du riz, a sifflé la fin de la partie.

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La Chine fait chuter les prix du riz vietnamien. Le plongeon entamé au milieu de l’année dernière s’accélère, à mesure que Pékin réduit ses achats auprès du Vietnam, troisième exportateur mondial. Le riz vietnamien a perdu 30 % sur le marché international depuis le début de l’année. Au point que les autorités de Hanoï ont annoncé qu’elles allaient acheter 200 000 tonnes de grains pour soutenir les riziculteurs.

Diversification

Historiquement c’est pourtant un retour à la normale pour le riz du Vietnam, souligne l'économiste du Cirad Patricio Mendez del Villar. « Le riz vietnamien a toujours été moins cher que le riz thaïlandais. Sauf l'an dernier (415 $ la tonne contre 400 $ le riz thaïlandais). Une inversion s’était opérée, parce que le riz vietnamien était très demandé par la Chine ». Moins autosuffisante qu’autrefois, elle s'était mise depuis deux ans à importer annuellement 2 millions de tonnes de riz de son voisin vietnamien, qui comptait dessus. « Mais le prix vietnamien était monté un peu trop aux yeux de Pékin. La Chine s'est mise à diversifier son approvisionnement. Elle achète désormais du riz au Cambodge, à la Birmanie, à la Thaïlande et même à l’Inde ! » Résultat, les prix vietnamiens se replient (à 340 $ la tonne).

La Chine régule le marché mondial

La Chine oriente maintenant le marché mondial du riz, et c'est nouveau. Pendant trente ans elle était restée à l'écart du marché international. Aujourd'hui la Chine est le premier importateur mondial de riz (plus de 6 millions de tonnes), loin devant le Nigeria (près de 3 millions de tonnes). Elle achète du riz à bas prix pour refaire ses stocks. Mais elle en exporte aussi (1,2 millions de tonnes l'an dernier ; 1,9 millions de tonnes anticipées cette année), on l'a vu avec les expéditions en Egypte, quand les prix montent un peu trop. « La Chine n'a pas intérêt à une flambée des prix mondiaux, souligne Patricio Mendez del Villar. Sa stratégie, c'est son marché local. On peut dire qu'elle régule aujourd'hui ce marché du riz ». Et en ce moment c'est aux dépens du Vietnam.

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