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Aujourd'hui l'économie, le portrait

Dennis Muilenburg, le patron de Boeing dans la tourmente

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Dennis Muilenburg, le patron de Boeing
Dennis Muilenburg, le patron de Boeing flickr.com

Notre portrait de la semaine est consacré à Dennis Muilenburg, le patron de Boeing. Après l’accident d’Ethiopian Airlines survenu dimanche 10 mars, l'avion Boeing 737 MAX est désormais immobilisé presque partout, y compris dans son propre pays, les Etats-Unis. C’est un nouveau coup dur pour ce fleuron américain et pour son patron.

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Dennis Muilenburg devra avoir les reins solides pour affronter cette crise. Dans les jours qui ont suivi le crash, le titre de Boeing a perdu 11%, soit près de 27 milliards de dollars de capitalisation boursière. Les compagnies, sans parler des familles des victimes, commencent à demander des comptes à Boeing. La facture pourrait atteindre 5 milliards de dollars.

Le groupe à 100 milliards de dollars

Pourtant, c'est une entreprise florissante que Dennis Muilenburg reprend en 2015. Il y a contribué des années durant. Diplômé de l'université d’Iowa et celle de Washington, le futur patron débute chez Boeing comme simple stagiaire, il y a trente ans. Amateur d'escalade et de cyclisme, il grimpe les échelons et se révèle aussi bien un ingénieur compétent qu'un meneur d'hommes. En 2018, invité de The Economic Club à Washington, il dit sa fascination pour les avions : « Parmi les grands secteurs industriels, c'est l'aéronautique qui est le plus puissant. C'est un marché qui croît plus que le PIB, 6 à 7% par an. Une croissance poussée notamment par le transport des passagers. De nouvelles classes moyennes prennent l'avion. Chaque année nous avons des centaines de millions de nouveaux clients en Asie. » En 2018, Boeing dépasse pour la première fois le seuil fatidique des 100 milliards de dollars de chiffre d'affaires.

La puissance du secteur

Outre la flotte civile, Boeing fabrique des avions de combat, des équipements aérospatiaux et le fameux Air Force One, l'avion présidentiel. A court terme, la crise sera douloureuse pour l'avionneur. Mais à long terme son empire n'est pas prêt de s'écrouler, estime Richard Aboulafia, vice-président du cabinet de consulting, Teal Group, spécialiste américain de l'aéronautique joint en Virginie : « Chaque crise de ce genre dans l'aviation civile cause des pertes humaines, attire l'attention, exige des solutions aux problèmes techniques. Une telle crise provoque une baisse des bénéfices. L'image est écornée. Les avions cloués au sol coûtent cher. Et c'est pour cela que seuls les grands groupes restent dans le jeu. En fait, il n'y en a que deux : Airbus et Boeing. Le 737 sera toujours fabriqué, malgré ce qui lui arrive aujourd'hui. Cela prendra du temps pour guérir, ils devront travailler dur, mais ils vont survivre. »

L’imbrication dans l’économie américaine

Boeing pèse lourd dans l’économie des Etats-Unis. C’est le plus grand exportateur américain et l'une des plus grandes entreprises industrielles. L’imbrication de Boeing dans le tissu économique du pays, avec ses nombreux fournisseurs et sous-traitants lui confère sa force. Pareil pour son grand concurrent européen, Airbus. C’est pourquoi Richard Aboulafia reste optimiste quant à l'avenir de l'industrie aéronautique dans le monde : « La fabrication des avions civils et militaires est un enjeu géopolitique, aujourd'hui. Ce secteur est d'une importance stratégique. Et les enjeux économiques sont évidemment énormes. Il est vrai, Boeing est important. Pourtant parmi les compagnies aériennes aux Etats-Unis il y en a qui aiment Airbus, et puis parmi les compagnies européennes, il y en a celles qui aiment Boeing. Et c'est normal, c'est en cela que consiste le libre échange », conclut ce spécialiste.

Aller plus haut

Être le premier avionneur avant Airbus ne suffit plus au PDG de Boeing, qui rêve de transporter les hommes sur Mars. Le groupe collabore avec le programme de lancement spatial, le Space Launch System, développé par la NASA depuis 2011. En 2018, lors d'une conférence de l'université américaine Northwestern, près de Chicago, Dennis Muilenburg présentait leur projet commun : « Boeing est fière de remplir les quatre missions qui lui ont été confiées. Connecter, protéger, explorer et inspirer le monde à travers l'innovation dans l'espace. Le sujet qui nous intéresse est important pour nous en tant qu'entreprise, mais il inspire aussi toute l'industrie aérospatiale, les Etats-Unis et le monde entier. Je parle de l'exploration de l'espace par l'homme. »

De grands projets, des records de performances financières, mais l'avenir nous dira si Boeing pourra surmonter la crise actuelle.

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