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Aujourd'hui l'économie, le portrait

Le Brexit selon Jean Meyer, startuper optimiste

Audio 03:58
Jean Meyer, patron de Once.
Jean Meyer, patron de Once. © Once

Jean Meyer a créé avec succès Once, une application de rencontres amoureuses (concurrent de Meetic et de Tinder, Once revendique 8 millions d'utilisateurs dans le monde). Installé avec ses associés à Londres, ce Français de 36 ans vit de très près les événements du Brexit. Attiré par le dynamisme de la capitale britannique, il attend sereinement la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

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Choisir le nom et le logo de son entreprise peut être parfois prémonitoire. C’est le cas de Once, « comme once upon a time » (il était une fois en anglais), explique son fondateur Jean Meyer. L’application mobile de rencontres en ligne est par ailleurs symbolisée par une grenouille coiffée d’une couronne, clin d’œil aux « froggies », le surnom des Français outre-Manche.

A Londres malgré lui

A l'anglaise, il était une fois l'histoire d'un Toulousain, qui a vécu ses premières années à Niamey (ses parents, enseignants, étaient coopérants au Niger), qui fait ses études en France puis aux Etats-Unis, et qui en 2015 créé ce site de rencontres censé « remettre l'amour au centre du jeu ». Un seul contact par jour, la qualité plutôt que la quantité. Il décide alors de s'installer dans la capitale britannique, un peu malgré lui : « j’étais plus pour Barcelone, où il fait plus chaud, il y a la plage et les tapas. Mais mon équipe était très attirée par l’écosystème start-up à Londres, ville très internationale. Comme nous visions le marché européen, il nous fallait des Italiens, des Allemands, des Autrichiens, des Espagnols… » Mais à l’automne 2017, après le référendum et la victoire du Brexit, Jean Meyer décide de mettre les voiles, toujours sous la pression de ses collègues. « On avait de grands problèmes pour recruter, notamment dans nos équipes marketing », raconte Jean Meyer. « A chaque fois que l’on voulait recruter dans notre réseau européen, les mêmes arguments revenaient : que va-t-il se passer avec le Brexit, il y a beaucoup d’incertitudes. Je préfère bosser dans une start-up à Barcelone, parce qu’au moins je sais que je serai là pendant trois ans… ». Dans une lettre ouverte sur le blog de la French Tech, Jean Meyer écrit alors : « adieu Londres et merci pour le fish and chips ».

Londres se vide

Mais quelques mois plus tard, la jeune pousse composée à 80% de Français fait le chemin inverse et revient à Londres, aimantée par l'attractivité et le côté cosmopolite de la capitale britannique. Entre temps, la ville a pas mal changé. Jean Meyer est frappé par la crise de l’immobilier. « Il y a énormément de nouvelles constructions qui sont vides, ce qui n’était pas le cas en 2015. Ils ont beaucoup de mal à vendre et ça se traduit dans le paysage londonien. C’est assez surréaliste. » Le jeune patron dit aussi bénéficier de la baisse du cours de la livre sterling, « une aubaine » pour une entreprise qui engrange des revenus en Euros et paie des salaires dans la monnaie britannique.

Pas peur du Brexit

Once poursuit donc sa croissance, et ne semble pas trop s’inquiéter de l’alourdissement du climat des affaires. « En toute honnêteté, j’étais bien plus persuadé il y a deux ans que le Brexit allait faire mal. C’est devenu un peu n’importe quoi la politique anglaise. Ils ne savent pas très bien ce qu’ils font. Personne n’est vraiment au courant. Mais si le Brexit arrive, il y aura certainement des accords avec les pays européens. Et si ça n’est pas le cas, on partira à Barcelone, à Berlin ou à Paris… » En attendant, Once reste à Londres. Et son patron a bien l'intention de continuer son oeuvre: créer des couples des deux côtés de la Manche. « Nous, on trouve ça marrant. Dernièrement, on a eu pas mal d’e-mails de Britanniques nous disant que, grâce à nous, ils avaient rencontré la femme de leur vie, française ou italienne. Et que grâce à ça, ils ont un passeport italien ou français et qu’ils n’ont plus peur du Brexit ! »

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