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Bonjour l'Europe

Matteo Salvini boude les cérémonies de la fête nationale de la Libération

Audio 03:21
Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur, lors d'un meeting à Milan en avril 2019.
Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur, lors d'un meeting à Milan en avril 2019. AFP/Miguel Medina

Le 25 avril est un jour férié en Italie, où l’on célèbre, depuis 1946, la fin de 20 années de dictature fasciste et de la Seconde Guerre mondiale. Mais, pour la première fois, un homme politique, Matteo Salvini, patron de la Ligue, vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur, rompt avec la tradition nationale. Il se rendra à Corleone, l’ancien fief de Cosa Nostra, la mafia sicilienne, pour honorer les forces de l’ordre et inaugurer un nouveau commissariat de police.

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Le 25 avril 1945, le Comité de libération nationale, créé à Rome en 1943, proclame l’insurrection générale sur tous les territoires encore occupés par les nazis et les fascistes. Le soir même, le Duce, Benito Mussolini, tente de fuir de Milan, vers Côme, mais il est capturé avant de passer la frontière avec la Suisse. Il sera exécuté, le 28 avril, avec sa compagne, Clara Petacci, par des partisans italiens dans le village de Giulino di Mezzegra, situé dans la province de Côme, en Lombardie. Puis, en quelques jours, toute l’Italie sera libérée, notamment avec l’aide des troupes américaines.

De nombreuses célébrations

Depuis, chaque ville organise des cérémonies ou des manifestations en mémoire de l’événement. Milan accueillera par exemple cette année le défilé de l’Association nationale des partisans d’Italie. À Rome, le chef de l’État, Sergio Mattarella déposera une couronne de laurier sur l’autel de la Patrie. Ensuite, il se rendra en Vénétie, dans la ville de Vittorio Veneto, haut lieu de résistance au fascisme.

Toujours à Rome, le vice-président du Conseil et chef du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio participera aux cérémonies organisées par la communauté juive. À Naples, le maire Luigi De Magistris, accompagné du président 5 étoiles de la Chambre des députés, Roberto Fico, présidera une cérémonie au mausolée du mont Pausilippe. Mais le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini sera à… Corleone, ancien fief de la mafia sicilienne, pour inaugurer le nouveau commissariat de police. Ce qui n’a rien à voir avec les commémorations du 25 avril.

Le goût de la provocation

Matteo Salvini aime provoquer. Et on observe que, ces dernières semaines, il fait tout pour se démarquer de son allié au gouvernement Luigi Di Maio. Que ce soit sur les questions économiques, sociales ou migratoires. C’est un politique qui veut parler, non pas au cerveau, mais aux tripes des Italiens. Qui veut diviser pour mieux régner. Il a donc décidé que, pour lui, la vraie Libération est celle de la mafia. Salvini transforme ainsi la fête de la résistance en thème de campagne électorale pour les élections européennes.

Mais seuls les nostalgiques de Mussolini peuvent apprécier… Hier soir, le président de la République a tenu à rappeler que la journée du 25 avril doit « stimuler les Italiens à réfléchir sur la manière dont le pays a su renaître, après la furie du fascisme et les désastres de la guerre ». Un message clair pour ceux qui veulent ignorer l’histoire ou la réécrire, selon leurs intérêts personnels.

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