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Chronique des matières premières

La consigne des emballages, une erreur selon les entreprises du recyclage

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Des bouteilles plastiques triées et compactées, dans le centre de tri de Sevran.
Des bouteilles plastiques triées et compactées, dans le centre de tri de Sevran. AFP/Thomas Samson

Comment recycler davantage les déchets ? Le gouvernement français mise sur le retour de la consigne, en particulier pour les bouteilles en plastique. Pourtant ni les entreprises du recyclage ni les collectivités locales, ne sont favorables à ce système.

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Le retour de la consigne en France est loin de faire l'unanimité. Le projet n'est pas encore finalisé - il pourrait inclure, en plus des bouteilles en plastique, les canettes en aluminium - mais pas les bouteilles en verre comme autrefois, il ne s'agit pas de réutiliser les bouteilles, mais de les fondre pour les recycler. Toutefois, le principe reste le même : le consommateur paierait 10 à 15 centimes plus cher sa bouteille d'eau, de jus de fruit ou de soda, et ce surcoût lui serait restitué s'il rapporte la bouteille vide en magasin. À charge pour les industriels des boissons d'installer des machines à consignes dans les magasins.

500 à 600 millions d'euros perdus pour 100 000 tonnes de plastique

Le but est de collecter et de recycler plus d'emballages plastiques... Pourtant, les professionnels du recyclage estiment que la consigne est « pire qu'une fausse bonne idée », que « c'est une erreur »... Federec, la Fédération des entreprises du recyclage, dit avoir été mise devant le fait accompli par le gouvernement. Selon elle, la consigne « pèsera sur les finances des Français, des collectivités et sur le petit commerce artisanal », qui n'aura pas les moyens d'installer ce système. « Pire, elle cassera le tri citoyen, sans apporter de réel bénéfice environnemental ».

« La crème des plastiques » pour l'industrie des boissons

La consigne permettrait effectivement à l'industrie des boissons, Coca Cola, Nestlé ou Danone, de récupérer gratuitement la crème, le plus beau des plastiques, le PET, pour refaire de nouvelles bouteilles. Mais c'est autant de matière première secondaire que ne valoriseront plus les collectivités locales, cela pourrait leur coûter 250 à 300 millions d'euros. Cela reviendra, estime Federec à « privatiser les seuls plastiques qui rapportent, pour ne laisser aux collectivités que ceux qui coûtent », 100 000 tonnes sur 3 millions de tonnes, « ce n'est pas ce qui permettra d'atteindre l'objectif de 100 % du plastique recyclé en 2025 ».

Conquérir gares et aéroports

Quelle solution alternative propose l'industrie du recyclage ? Simplifier au maximum le tri pour l'usager, chez lui, mais aussi hors domicile : les déchets humides dans une poubelle et tout le reste, les déchets secs, dans la poubelle de tri, puisque les nouveaux outils de tri optique savent distinguer les matériaux. Cela permettrait d'agrandir le gisement de matières plastiques recyclables, dont les bouteilles. À ce jour, toutes ces bouteilles sont collectées, en France, mais pas dans la bonne poubelle ! Or il y a un énorme gisement en ville, dans les gares, les stations-service ou les aéroports.

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