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Hongrie: à Budapest se rejoue le «scénario turc» d'Istanbul

Audio 03:24
Le candidat écologiste à la mairie de Budapest, Gergely Karacsony.
Le candidat écologiste à la mairie de Budapest, Gergely Karacsony. AFP/Attila Kisbenedek

Direction Budapest où l’opposition hongroise ambitionne de remporter la mairie aux élections municipales d’octobre prochain. Face au maire actuel, soutenu par le Premier ministre nationaliste Viktor Orban, l’opposition présentera pour la première fois un candidat unique. Il a été élu cette semaine à l’issue d’une primaire. Avec ce candidat unique, l’opposition hongroise espère un « scénario à la turque ». En effet, il y a une semaine, un candidat soutenu par plusieurs partis d’opposition remportait la mairie d’Istanbul.

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Les médias hongrois d’opposition ont beaucoup commenté la défaite cinglante du président turc. Dont le parti, l’AKP, contrôle près de 90% des médias et dont le régime est de plus en plus autoritaire. Malgré tout cela, le président Erdogan a perdu Istanbul, le bastion de son parti, et la plus grande ville du pays.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban contrôle, lui aussi, 90% des médias et lui aussi gouverne de manière de plus en plus autoritaire. Si Erdogan a perdu Istanbul, Orban pourrait bien perdre Budapest. Selon plusieurs observateurs, c’est un scénario possible ; en tout cas, c’est le rêve de l’opposition hongroise.

Un candidat écologiste

Il s’appelle Gergely Karacsony, il a 44 ans. Il a été élu il y a trois jours, à l’issue d’une primaire à laquelle ont participé près de 70 000 Budapestois. Il est connu des Hongrois, depuis cinq ans, il est maire d’un arrondissement de la capitale. C’est un écologiste et un homme de gauche qui veut réduire la pauvreté et les inégalités sociales.

Son rival, l’actuel maire de Budapest, Istvan Tarlos, est un vieux routier de la politique, il a 71 ans, et est à la mairie depuis 2010, sous les couleurs du parti de Viktor Orban.

Il faut noter que le maire de Budapest n’a pas beaucoup de pouvoir, moins que les maires d’arrondissements. Mais c’est un personnage important de l’État, car il est élu au suffrage universel direct.

Vers un conseil municipal pro-Orban et un maire d’opposition ?

Cette perspective, qui serait la même qu’à Istanbul, est tout à fait plausible. Comme le souligne l’analyste Robert Laszlo, du think-tank Political Capital, ce scénario est le pire cauchemar de l’opposition hongroise. Pour éviter cette situation, les partis d’opposition négocient actuellement pour choisir un candidat commun dans chacun des 23 arrondissements de Budapest. Ca ne veut pas dire qu’ils gagneront partout. Certains districts très conservateurs restent acquis à Viktor Orban et le système électoral favorise le parti du Premier ministre. Mais avec cette stratégie l’opposition accroit ses chances de s’emparer de la capitale.

D’autant que, aux deux derniers scrutins - aux législatives de 2018 et aux européennes de 2019 - la majorité des Budapestois a voté contre Viktor Orban. Mais leur vote s’est dispersé sur une multitude de petites formations. Cette fois, les partis d’opposition ont compris que l’union fait la force.

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