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Chronique des médias

Quelles images pour l’immigration clandestine?

Audio 02:41
Migrants d'Amérique centrale et du sud à la frontière des États-Unis (image d'illustration).
Migrants d'Amérique centrale et du sud à la frontière des États-Unis (image d'illustration). REUTERS/Jose Luis Gonzalez/File Photo

Une image a fait le tour du monde et a particulièrement ému le continent américain : c’est la photo d’un homme retrouvé mort avec sa fille au bord du Rio Grande, en tenant de passer du Mexique aux États-Unis.

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C’est une photo très partagée sur les réseaux sociaux, qui a été reprise dans la presse et sur les chaînes d’info : elle représente, un père, Oscar Martinez, qui retient dans son pull sa petite fille Angie Valeria. Tous les deux gisent au bord du fleuve, noyés, en tentant de passer une frontière. Cette photo rappelle le célèbre cliché d’Aylan, le petit Syrien échoué sur une plage de Turquie, il y a quatre ans, qui avait suscité une vague d’indignation dans l’opinion et a sans doute contribué en Europe à accueillir des réfugiés syriens. Cette fois, l’image est aussi symbolique, car elle tombe à un moment où Amlo, Andres Manuel Lopez Obrador, le président mexicain, vient de déployer 15 000 soldats de sa garde nationale pour empêcher les réfugiés de passer. Et ainsi sauver les exportations mexicaines vers les États-Unis que Trump menace de droits de douane.

Cette photo en fait sans doute plus contre la politique du président américain sur l’immigration clandestine que n’importe quel éditorial du New York Times. Elle est aussi susceptible de nous faire réfléchir sur la façon dont les médias mettent en garde contre les idées simplistes. L’erreur serait de croire que l’hostilité de la presse à Trump permet de lutter efficacement contre ses idées populistes : c’est à peu près le contraire qui se passe tant l’opposition des médias conforte auprès des partisans du président son discours anti-élite. Toute critique est aussitôt tournée en dérision par des tweets ou reprise sur des vidéos que l’on découvre ensuite développées sur Fox News.

Alors la solution n’est pas dans le mépris hautain. En France, il s’agit peut-être de quitter l’entre-soi du cercle de la raison, cher aux médias mainstream, pour aller chercher l’audience là où elle est : dans des émissions de divertissement, comme la secrétaire d’État Marlène Schiappa face à des « gilets jaunes ». Ou directement sur Facebook comme le député insoumis François Ruffin avec ses vidéos. En tout cas, une étude de l’institut Montaigne a montré que les médias s’enfermaient dans leur image élitaire au lieu de répondre à ceux qui les contestent.

En attendant, on sent en France certaines tentations face au discours-anti immigration. Les médias ne font plus tout à fait bloc contre ce discours, et pas seulement chez Eric Zemmour ou Valeurs actuelles. On voit aussi LCI assurer le retour médiatique de Marion-Maréchal Le Pen, qui ne dispose plus d’aucun mandat politique. Ou Pascal Praud sur CNews évoquer une « bien pensance dégoulinante » lorsque l’humoriste belge Charline Vanhoenacker ose parler de « banalisation » à propos de de Marine Le Pen.

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