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Revue de presse Afrique

À la Une: la rencontre Bédié-Gbagbo

Audio 04:16
Photomontage représentant les deux anciens présidents ivoiriens Henri Konan Bedié (G) et Laurent Gbagbo ( D).
Photomontage représentant les deux anciens présidents ivoiriens Henri Konan Bedié (G) et Laurent Gbagbo ( D). SIA KAMBOU / AFP/ Peter Dejong/REUTERS

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Les deux anciens présidents de la Côte d’Ivoire, autrefois ennemis jurés, se sont vus hier à Bruxelles. Une première depuis 2010 et la crise post-électorale. Alors que se sont-ils dit au-delà des communiqués officiels ? La presse ivoirienne s’interroge ce matin.

« La scène politique ivoirienne est en effervescence, s’exclame L’Intelligent à Abidjan. Autrefois adversaires, Bédié et Gbagbo sont-ils en train de nouer une alliance contre Ouattara ? L’alliance électorale PDCI-FPI représente-t-elle une al­ternative crédible face au nouveau parti présidentiel, le RHDP ? [...] Bédié et Gbagbo se sont-ils rencontrés pour nouer une alliance véritable ou jouent-ils, l’un et l’autre, au jeu du chat et de la sou­ris ? Qui sortira vainqueur à la fin, car il n’y aura qu’un seul candidat à la présidentielle de 2020 ? »

En fait, poursuit L’Intelligent, « cette rencontre en­tre Bédié et Gbagbo à Bruxelles, au lieu d’apporter une réponse claire, ouvre la voie à une hypothèse simple : ni Gbagbo ni Bédié n’ont voulu se dévoiler ou laisser entendre que l’un se mettrait derrière l’autre en 2020, comme Bédié l’avait fait en 2015 pour Ouattara après l’Appel de Daoukro. Il n’y a pas eu d’Appel de Bruxelles. »

1+1=1 ?

« Au sein du pouvoir, rapporte pour sa part Jeune Afrique, on tente de minimiser les effets de cette rencontre sur l’état d’esprit des militants du RHDP. "S’il y a des gens qui doivent avoir peur, c’est bien au sein de l’opposition, affirme Adama Bictogo, proche du président Alassane Ouattara, parce que, poursuit-il, Bédié et Gbagbo, c’est 1+1=1. Il n’y aura aucune valeur ajoutée d’une rencontre entre eux". Même si l’idée d’une alliance formelle est toujours en discussion, ce rapprochement entre les deux hommes pourrait cependant inquiéter le RHDP, pointe JA, le RHDP qui n’est plus la même coalition qui a pris le pouvoir en 2010 face à Laurent Gbagbo. La rupture entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, puis Guillaume Soro – les trois acteurs principaux du RHDP en 2010 – d’une part, et les rapprochements entre Bédié et Soro, puis Bédié et Gbagbo – d’autre part, sonnent comme une confirmation de la recomposition totale du paysage politique ivoirien. »

Un front anti-Ouattara

Pour Le Pays au Burkina, un front anti-Ouattara est sans doute en train de se constituer : « comme l’ennemi de mon ennemi est, par principe, mon ami, on comprend dès lors pourquoi HKB a décidé de se rapprocher de l’ex-pensionnaire de la prison de Scheveningen qui, on le sait, ne peut pas voir le président ADO, même en peinture. Certes, les deux partis que sont le PDCI/RDA de HKB et le FPI de Gbagbo parlent de rapprochement idéologique mais il ne s’agit, en réalité, que d’une alliance de raison et de circonstance destinée à barrer la route au candidat du RDR qu’est Amadou Gon Coulibaly, catapulté par le président Ouattara. Seulement, tempère Le Pays, ce front anti-ADO qui se dessine bute contre un obstacle de taille. Il s’agit de l’ex-président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, qui est aussi entré en conflit ouvert avec l’actuel chef de l’Etat, son mentor d’hier. En effet, pendant que le Sphinx de Daoukro plaide pour une coalition plus large, incluant l’ex-rebelle, le fils de Mama, lui, reste encore très circonspect. »

Faits pour s’allier ?

Enfin, Ledjely en Guinée, parle également d’un « nouveau front en gestation » : « en raison du fait qu’ils sont tous deux désormais opposants au pouvoir d’Alassane Ouattara, Bédié et Gbagbo sont quasiment faits pour s’allier. Bédié, estimant avoir été floué par le président actuel et trahi par quelques-uns des jeunes loups qu’il encadrait, cherche désespérément à rebâtir une opposition en mesure de faire mordre la poussière à ADO. [...] »

Pour sa part, poursuit Ledjely, « Laurent Gbagbo, tel Mandela sortant de prison, arrive regonflé à bloc. Mais à la différence du leader historique de l’ANC, Gbagbo a soif de revanche. Par procuration si nécessaire. Bien sûr, il peut compter sur le charisme que lui garantit la ténacité avec laquelle il a résisté toutes ces dernières années. Mais il devra réapprendre le terrain et reconquérir des espaces et de l’électorat. Cela oblige à quelques concessions. »

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