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Revue de presse Afrique

À la Une: où va le G5 Sahel ?

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Un soldat de l'armée malienne garde l'entrée du G5 Sahel le 30 mai 2018.
Un soldat de l'armée malienne garde l'entrée du G5 Sahel le 30 mai 2018. AFP/Sebastien Rieussec

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Emmanuel Macron et Angela Merkel ont lancé un beau pavé dans la mare du G5 Sahel, dimanche, lors du G7 à Biarritz. En effet, relate Le Monde Afrique, « le président français et la chancelière allemande ont appelé à "élargir" à d’autres pays et à "renforcer" financièrement la coalition internationale luttant contre les groupes djihadistes au Mali, au Niger, en Mauritanie, au Tchad et au Burkina Faso. Les deux dirigeants ont exprimé la nécessité de "changer d’échelle et de méthode", selon Emmanuel Macron, car, a affirmé Angela Merkel, "la situation ne cesse de se détériorer" dans la région du Sahel. Pour cela, ils ont annoncé la création d’un nouveau partenariat, dont les modalités seront fixées lors d’une conférence franco-allemande d’ici à la fin de l’année, a précisé la chancelière. »

Quels contours ?

Alors que faut-il penser de ces déclarations : changement d’échelle ? Changement de cap ? Nouvelles ambitions ? Ou bien renonciation ?

L’Observateur Paalga au Burkina s’interroge   « Déjà que la "Grande armée sahélienne" peine à décoller pour tailler sérieusement des croupières aux forces du mal, la question se pose de savoir en quoi son élargissement à des pays du golfe de Guinée, comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana, à travers le "nouveau partenariat pour le Sahel", que propose le couple franco-allemand, peut changer positivement le cours des choses. Certes, rappelle le quotidien burkinabé, les Etats côtiers sont aussi, peu ou prou, touchés par le fléau. On se rappelle encore des attaques de Grand-Bassam le 13 mars 2016 qui ont fait 19 morts et 33 blessés ou plus récemment de l’enlèvement dans le parc de la Pendjari au Bénin de deux touristes français qui seront finalement libérés quelques jours plus tard par les commandos-marine français. Ne serait-ce que pour ces raisons, l’extension de la ligne de front n’est pas mauvaise en soi. Encore faut-il en connaître les contours précis, pointe L’Observateur Paalga. Ce qui est loin d’être le cas. Il faudra sans doute attendre le sommet de la CEDEAO, prévu pour mi-septembre à Ouagadougou, et une rencontre franco-allemande avant la fin de cette année pour voir à quoi va ressembler cette nouvelle trouvaille de "Jupiter", jamais à court d’idées. En attendant, note encore le quotidien ouagalais, certains observateurs ne manquent pas de pointer une absence de taille dans ce "G5 élargi", celle de l’Algérie, considérée comme un acteur-clé si on veut mettre fin au chaos qui règne dans le "Sahelistan". »

Un nouveau « machin » imposé aux ouest-africains ?

Ledjely en Guinée affirme pour sa part que le G5 Sahel est en voie de disparition, « avec l’avènement en perspective d’un nouveau pacte de sécurité dans la zone sahélienne. En réalité, estime le site guinéen, un doux euphémisme pour constater l’échec de l’initiative du G5 Sahel et annoncer un nouveau cadre sécuritaire et de coopération pour lui succéder. Rien de mal en cela, à priori. Eu égard à la vitesse à laquelle le péril terroriste se propage dans toute la région ouest-africaine, il est même compréhensible qu’une approche plus inclusive soit envisagée. Il y a un hic cependant, relève Ledjely : la crainte que tout cela n’ait été en réalité initié par la France et l’Allemagne pour être imposé à la région ouest-africaine. Dans cette éventualité, on peut être certain que le nouveau machin ne sera guère plus efficace que celui qu’il est appelé à remplacer. [...] Il faudra donc s’assurer, conclut le site guinéen, que les pays africains, les premiers concernés par tout ce débat, adhèrent librement à la nouvelle initiative et que la présence de Roch Marc Christian Kaboré au sommet du G7 n’aura pas été qu’un coup de com’ symbolique pour Macron. Autrement, le président français courra infailliblement vers un nouvel échec diplomatique. »

Seulement 1% de l’aide du G7…

Enfin, cette déclaration, à propos du Sahel du porte-parole de l’ONG Oxfam, à l’issue du G7 à Biarritz. Déclaration rapportée notamment par le site Sahel Intelligence : « Robin Guittard a regretté que la France et l’Allemagne n’aient "pris aucun engagement nouveau pour lutter contre la pauvreté et les inégalités dans la région, ni même de mobiliser leurs partenaires du G7 alors qu’il y a urgence. Seulement 1% de l’aide publique au développement des pays du G7, a-t-il souligné, va au Sahel." »

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