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Chronique des matières premières

Craintes sur l'approvisionnement en nickel

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Travail du nickel dans l'usine de Sorowako, en Indonésie (photo d'illustration).
Travail du nickel dans l'usine de Sorowako, en Indonésie (photo d'illustration). © REUTERS/Yusuf Ahmad

La peur de manquer de nickel pour les batteries électriques a provoqué une hausse des prix du métal depuis le début de l’été. Le mouvement s’est brutalement accentué depuis qu’une usine de nickel a déversé ses déchets au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

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L’enquête vient d’être lancée par les autorités de Port-Moresby, mais l’accident est déjà qualifié de « pire désastre environnemental de l’histoire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée » par le gouverneur de la province de Madang, où s’est produit l’accident. Le responsable régional a demandé la fermeture définitive de l’usine de nickel, dont les résidus se sont déversés dans la mer vers le 24 août, polluant la côte nord de l’île océanienne.

Le propriétaire de l’usine, l’entreprise chinoise MCC, Metallurgical Corp of China, minimise de son côté les dégâts. MCC transformait du minerai en hydroxyde de nickel, expédié ensuite en Chine pour fabriquer des batteries électriques.

Ingrédient-clé des batteries électriques

L’interruption de la production risque en tout cas d’aggraver les tensions sur le marché mondial du nickel. Le métal est de plus en plus demandé. Son usage dans les batteries des véhicules électriques, encore mineur (4 %) par rapport à son utilisation dans l’acier inoxydable (70 %), devrait être multiplié par quinze d’ici 2030, selon le cabinet de consultants Roskill, d’autant qu’on accroît la part du nickel dans les batteries lithium-ion, aux dépens du cobalt et du manganèse.

Plus cher que l’étain

Or l’approvisionnement ne suit pas et l’Indonésie a de nouveau menacé d’imposer un embargo sur les exportations de nickel non transformé d’ici deux ans. Les stocks de la bourse londonienne des métaux, le LME, sont à leur plus bas niveau depuis 2013. L’accident en Papouasie-Nouvelle-Guinée vient encore réduire l’offre de nickel. Les cours s’envolent, ils ont gagné 40 % depuis juillet. À 16 730 dollars atteints vendredi 30 août, la tonne de nickel vaut aujourd’hui plus cher que l’étain !

Il faudrait pourtant qu’elle atteigne 22 000 dollars, estime le cabinet Roskill, pour que de nouveaux projets miniers puissent voir le jour. Des projets miniers qui ont tout intérêt à devenir plus respectueux de l’environnement s’ils veulent être financés par les investisseurs, qui se soucient de plus en plus de la durabilité des chaînes d’approvisionnement. Surtout s’il s’agit de fournir les matières premières nécessaires aux batteries des véhicules électriques, censés diminuer la pollution et le réchauffement planétaire.

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