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Revue de presse française

A la Une: Balkany sous les verrous

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Le maire de Levallois Patrick Balkany au Palais de justice de Paris, le 13 mai 2019.
Le maire de Levallois Patrick Balkany au Palais de justice de Paris, le 13 mai 2019. REUTERS/Benoit Tessier

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Maire de Levallois-Perret (près de Paris) Patrick Balkany a été condamné pour fraude fiscale à quatre ans de prison ferme, plus dix ans d'inéligibilité, trois ans pour son épouse - soit un de plus que les réquisitions -, mais sans mandat de dépôt pour elle, à la différence de son mari, qui a en effet passé sa première nuit à la prison de la Santé à Paris.

« Le voilà donc à terre, après presque quarante ans de règne à Levallois, relève Le Parisien (…) Mandat après mandat, à coups de programmes immobiliers coûteux, entretenant une grande proximité avec ses administrés et virtuose du clientélisme, le maire a transformé cette cité ouvrière en commune chic et sûre, peuplée d'habitants adorant leur maire et sa première adjointe, Isabelle Balkany ».

Patrick Balkany sous les verrous ? « C’est malheureusement le lot de nombreux justiciables dont la place n’est pas en prison, estime Le Parisien. Mais ce qui est le plus dommageable encore, c’est que cette décision judiciaire soit plus commentée que les raisons mêmes de cette condamnation ».

Les motifs énoncés par le tribunal de grande instance de Paris sont lourds, et Le Figaro les consigne. « Le tribunal pointe une « volonté résolue » de duper le fisc, à l’aide de « montages juridiques complexes » (…) « Leur unique dessein a consisté à réduire frauduleusement leur contribution publique », poursuit le jugement, qui parle de « grave atteinte à l’ordre public économique » et de « déchirure du pacte républicain », dont se sont rendus coupables des élus théoriquement soumis à un « devoir d’exemplarité » », rapporte encore Le Figaro.

Certes, pointe le journal Le Monde, « ça n’est pas la première fois qu’une fraude fiscale entraîne une peine de prison ferme, mais une telle sanction donne rarement lieu à une incarcération, comme le démontrent quelques cas récents. En 2018, l’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac avait été condamné à deux ans ferme, mais avait bénéficié d’un aménagement de peine – le bracelet électronique plutôt que la prison. Le polémiste Dieudonné M’Bala M’Bala, condamné à deux ans ferme en juillet, demeure libre en attendant son rendez-vous avec un juge d’application des peines », souligne Le Monde.

Dure, dure, mais c’est la loi

Comment expliquer cette rigueur du tribunal ? C’est selon. Le journal Libération, par exemple, a son point de vue, et ce jugement semble l’avoir soulagé. « Dura lex, enfin », lance en effet ce quotidien dans un billet que signe son directeur, et tout est bien sûr dans le « enfin », davantage que dans la rigueur de la loi exprimée ici en latin. Ici, les époux Balkany, ces « tonitruants Thénardier de Levallois-Perret », sont qualifiés de « cyniques, hâbleurs (et) impudents », leur « arrogante faconde » est épinglée par Libé. Mais ce que ce quotidien souligne surtout, c’est la rigueur du verdict qui constitue selon lui « peut-être, un tournant ». Attention, prévient, tel un procureur, le journal Libération, « personne parmi les puissants qui jouent avec la loi n’est plus à l’abri. Le couperet tombe tardivement sur des prévenus plus visibles que d’autres. C’est un jugement sévère. Mais c’est surtout un message à la cantonade ».

Sarko, douleur muette

Message apparemment reçu cinq sur cinq chez les prétendus « amis » de Patrick Balkany, autrement dit les « Sarkozistes », qui se gardent pour l’instant de tout commentaire. Et c’est ce que pointe Le Parisien. « Silence en Sarkozie », note ce journal. Et pourtant, « avec Patrick Balkany en prison, c'est un ultra-proche de l'ancien président de la République qui se retrouve à terre, énonce Le Parisien. La décision n'a sans doute pas manqué de secouer les amis de Nicolas Sarkozy et Patrick Balkany. Mais personne ou presque pour décrocher son téléphone, encore moins pour dégainer son compte Twitter afin de réagir ou commenter la nouvelle. Affaire sensible, prudence de sioux. Pudeur, aussi (…) Intime du couple, nul doute que Nicolas Sarkozy y est lui aussi allé de son petit message », subodore ce quotidien.

La CEDEAO face à la menace djihadiste

C’est aujourd’hui à Ouagadougou que s’ouvre le sommet de la CEDEAO dédié à la lutte contre le terrorisme. Une urgence qui alarme l’Afrique de l’ouest. « L’Afrique de l’Ouest cherche la parade face aux djihadistes, lance Le Figaro, le sommet extraordinaire des pays d’Afrique de l’Ouest qui s’ouvre aujourd’hui, samedi 14 septembre au Burkina Faso, n’a pas usurpé sa dénomination. Extraordinaire, il l’est bien par son objectif d’enfin trouver les moyens de lutter contre le terrorisme qui gangrène la région ».

« Le Sahel est en péril », rehausse Libération. Ce quotidien brosse ce matin un sombre tableau de la situation sécuritaire dans cette région d’Afrique, vrai terreau du terrorisme que les opérations militaires « Serval » puis « Barkhane » et « G5 Sahel » n’ont pas encore asséché, tant s’en faut. Comme le souligne Libé, « les réponses militaires n’ont pas pour l’instant permis d’endiguer la capacité de nuisance des groupes jihadistes (…). Ni les 4 500 hommes de la force française Barkhane, ni les 13 000 Casques bleus déployés au Mali, ni l’embryon des 4 000 à 5 000 hommes de la force G5 Sahel (…) En six mois, de novembre à fin mars, 4 776 personnes auraient péri – soit une hausse de 46% par rapport à la même période un an auparavant ». Face à cette crise majeure, que peut faire le sommet de Ouagadougou ce week-end ? Dans la capitale burkinabè, les dirigeants africains « envisagent plutôt un renforcement de la réponse militaire », anticipe Libération. « Seulement voilà, remarque ce quotidien, jusqu’à présent, elle n’a pourtant fait qu’amplifier les zones à risques ».

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