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Chronique des médias

Netflix et Canal+ sur le même bateau

Audio 02:30
Netflix a signé un accord de distribution avec Canal+.
Netflix a signé un accord de distribution avec Canal+. REUTERS/Mike Blake/File Photo

Netflix a signé un accord de distribution avec Canal+ en début de semaine et se prépare à affronter la concurrence des grandes plateformes concurrentes d’Apple ou de Disney.

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Ce sont deux rivaux, pour ne pas dire deux ennemis d’hier qui se sont entendus pour signer la paix des braves. Comme dans tout western, atour du calumet de la paix, il y a un belligérant moins puissant que l’autre. Quand on songe que Canal+, par rapport à Netflix, a un budget de programmes dix fois inférieur et tout au plus 20 millions d’abonnés dans le monde, contre près de 160 millions. Pendant longtemps, Canal+ a prétendu résister en se présentant comme le champion de l’exception culturelle. Le discours était le suivant : Netflix, ce n’est pas cher – le premier prix est à 8 euros – mais vous ne pourrez jamais y trouver les grandes séries françaises de création originale comme Le Bureau des légendes, Engrenages ou, la plus récente, Les Sauvages.

Netflix a commencé à produire en France, il a même passé des accords de coproduction avec TF1 pour diffuser le Bazar de la charité juste après la chaîne. Il a fait de plus en plus d’ombre à Canal+, sachant que Netflix compte déjà six millions d’abonnés en France. Pour le groupe français, un accord de distribution s’est donc imposé. Après tout Canal+, distribue bien les chaînes d’Orange (OCS) ou de Disney. Alors pourquoi pas Netflix moyennant une majoration de prix de 15 euros ?

De son côté, Netflix a compris qu’il avait tendance à stagner dans son recrutement d’abonnés, aux-Etats-Unis il a même 126 000 abonnés de moins cette année. La Bourse a peu apprécié ce retard de croissance, le consommateur a parfois été déçu par des séries ou par le temps que la plateforme - très addictive - lui prend, et Netflix a compris qu’il lui fallait trouver des distributeurs comme Sky au Royaume-Uni ou Comcast aux États-Unis pour toucher les consommateurs de TV payante et pas seulement ceux qui se connectent directement sur internet.

Surtout, Netflix voit se profiler de nouvelles plateformes rivales. Après Amazon Prime, c’est Apple TV + et Disney + qui sont attendus pour novembre outre-Atlantique. Suivront HBO Max, de Warner Media ou NBC Universal. On voit émerger partout des plateformes qui s’appuient, pour la plupart, sur des catalogues de programmes : Fox pour Disney, Universal pour NBC, Warner pour HBO… C’est ce qui explique que Netflix ait par exemple perdu les droits de ses séries les plus regardées, The Office au profit de NBC Universal et Friends en faveur de HBO Max, plateforme qui vient d’acquérir pour un milliard de dollars les droits de la série The Bing Bang Theory.

Netflix doit donc s’associer à des gens disposant de capacité de production et de diffusion pour élargir sa clientèle. Pour Canal+, c’est une chance à condition de ne pas y perdre son âme d’éditeur, de ne pas se voir comme un simple agrégateur.

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